Comment et pourquoi ne plus avoir peur de notre vulnérabilité ?

Dans le monde où la loi du plus fort règne, si l’on est vulnérable, si nous n’avons pas la confirmation que nos preuves d’amour sont accueillies quand on ouvre son cœur, si on est vu sous un jour qui ne nous met pas en valeur, on peut se sentir en danger. C’est cette sensation de danger d’être exclu, d’être abandonné par le groupe, qui crée la peur d’être vulnérable, quand on est convaincu que pour être intégré il faut être le meilleur, le plus beau, le plus intelligent ou le plus fort.

« Je ne suis pas en danger »

Alors se répéter pour se convaincre petit à petit : « Je ne suis pas en danger ». Si je ne suis pas remarqué, si je ne sors pas du lot, si mon travail n’obtient pas sa juste reconnaissance, si je n’arrive plus à contrôler mes émotions et qu’une part d’ombre est dévoilée, si je laisse tomber mon masque et me laisse être authentique, si je suis oublié,… je ne suis pas en danger.

Non pas que je désire être oublié, manquer de reconnaissance ou de preuves d’amour… (Bin non, pas fou quand même). J’accepte juste l’idée que ça puisse être le cas. Que sans l’étiquette du « plus beau / plus fort / plus intelligent », sans réponse à ma preuve d’amour, sans reconnaissance des autres ou même en étant rejeté par eux, j’existe encore, mon identité n’est en rien changée. C’est ça la vérité fondamentale qui libère et rend heureux :

il y a un truc au fond de nous, une dignité, une identité, qu’aucun événement extérieur, aucune apparence physique, aucun état émotionnel, ne peut altérer.

C’est pour ça que, qu’importe ce qu’il se passe, nous ne sommes pas en danger. Car il y aura toujours quelqu’un qui nous aimera, même si nous sommes rejetés d’un groupe, même si nous n’atteignons pas l’objectif fixé, même si la peur et l’angoisse deviennent visibles pour les autres, il y aura toujours quelqu’un qui nous aime.

Alors, quelles conséquences à cette acceptation de la vulnérabilité ? Je vois à ce renoncement minimum quatre conséquences positives :

Elle purifie la générosité

La première conséquence positive c’est que ça participe à purifier la générosité. Si j’accepte l’idée d’être oublié, de ne pas être reconnu, que mon action ne soit pas remarquée, que je rate et que ça soit vu, que je n’éblouie pas par mon intelligence ou mon travail remarquable, mon action n’est alors plus motivée par un désir de reconnaissance ou d’être aimé. Car c’est de ce désir que nait le sentiment de danger si je ne capte aucun signe en retour de mon action qui me confirme que mon objectif est atteint. Mon action est donc plus pure, un peu plus gratuite.

Elle enlève un poids énorme des épaules (!!)

Parce que faut se la farcir au quotidien cette peur de quelque chose qui peut arriver à n’importe quel moment (c’est pas comme la peur des boas, qui a priori… on est tranquille à ce niveau là… Là c’est tout le temps. Bref. Petit égarement).

Ilios Kotsou en parlait très bien dans l’article sur la désobéissance à la tyrannie des émotions, dont je vous mets un extrait ici (ouai la fille fait du recyclage d’ancien article, mais une piqûre de rappel de trucs qui font du bien ne fait jamais de mal !) :

Quand nous « sommes habitués à lutter et à éviter nos sentiments, nous finissons par éviter consciemment ou inconsciemment, les contextes et situations dans lesquels ces sentiments pourraient se produire. Nous n’allons pas nous engager dans un projet important, par peur d’échouer. Nous n’irons pas vers quelqu’un qui compte pour nous, par peur d’être rejeté. Nous n’ouvrirons pas nos bras à ceux que nous aimons, par peur de souffrir. » Nous devenons alors prisonniers de cette peur qui nous empêche de déployer notre vie. Nous mettons en place des stratégies d’évitement et l’approche d’une situation qualifiée comme « DANGER » fait paniquer. Bref, c’est fatiguant tout ça, parce que ça demande beaucoup d’énergie… Alors que quand on accepte l’idée de ne pas être vu sous son meilleur jour (voire carrément que notre part d’ombre soit visible) ou de ne pas être vu comme la personne si géniale que l’on aimerait montrer, on ne panique plus à la moindre imperfection qui fait coucou ou à une situation qui a tout l’air d’un échec et ça soulage énormément. Je vous partageais d’ailleurs un témoignage personnel dans l’article « Le mail de la honte » où je raconte un exemple de situation où assumer ma vulnérabilité avait créé en moi un énorme soulagement et une grande paix intérieure,

Elle m’ouvre à l’amour inconditionnel.

Oui je sais j’en parle tout le temps mais pour moi c’est le plus beau trésor qu’offre la vulnérabilité. Alors je vous l’admets, ça n’est pas la chose la plus agréable du monde que quelqu’un voit la part de nous moins fun. Vous devriez me voir moi quand une personne assiste à une de mes crises d’angoisse pour la première fois, j’en mène franchement pas large. Mais quelle joie après coup de constater que la personne est toujours là, qu’elle veut toujours continuer d’être mon ami(e)… Ça renforce la relation ! Et ça me fait accepter petit à petit que je peux être aimé quand je ne fais rien d’exceptionnel, voire quand je me sens vraiment dans un mode pas beau du tout. J’ai le droit de respirer. J’ai le droit de couper. J’ai le droit de me respecter. J’ai le droit de m’aimer même quand je ne produis rien, même quand je n’ai fait sourire personne aujourd’hui. J’ai le droit de savoir si peu, d’avoir des jours où ça ne va pas car il y a quelque chose qui se joue en moi ou parce que la peur a pris le dessus. J’ai le droit de me trouver une merveille les jours où c’est la fête dans ma tête. Je n’ai aucune image à maintenir, aucune valeur à justifier, aucune intelligence à prouver. Je peux ETRE.

Elle donne la joie de l’humilité

Quasiment aussi grande que la joie que donne l’amour inconditionnel, l’humilité est une source de grande allégresse. J’y faisais un peu allusion dans l’article « Oh trop la honte ! Mais c’est quoi la pire des humiliations ? » (oui encore du recyclage !) avec notamment la phrase « La vraie humilité n’étant pas un rabaissement de soi, mais une conscience de sa valeur qui ne change pas lorsque nos imperfections ou limites surgissent. » Et c’est ça qui donne de la joie. Si vous avez déjà pris l’avion et avez été à côté de la fenêtre, vous avez pu sourire devant la petitesse des maisons. Alors autant dire, qu’un humain, à l’échelle de la terre, il est franchement minus voire invisible. Notre vulnérabilité nous aide à prendre conscience de cette réalité, et chaque fois que notre esprit se rapproche de la réalité, il est plus heureux.

Si vous souhaitez approfondir d’autres bonnes raisons de ne plus avoir peur de la vulnérabilité mais au contraire d’en faire son meilleur allié, vous pouvez découvrir les deux premiers articles de ce blog « 5 preuves que la vulnérabilité est source de bonheur » partie 1 et 2.

Musique d'illustration : Touch the sky - Hillsong

Crédit photo : Kristopher Roller. Edited.

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