4 joies essentielles que nous donnent nos amis

L’ « amitié »… un des plus beaux mots qui existent sur terre ! Et pourtant… personnellement il m’a fallu réapprendre totalement la définition d’une amitié aux alentours de mes 21 ans, du moins au sens le plus beau, le plus noble, le plus profond du terme. Rares sont les personnes qui sont toujours dans ma vie aujourd’hui et que j’ai connues avant cet âge. L’adolescence est une bien difficile période où personnellement je n’ai pas réussi à avoir des amitiés ajustées (à force par exemple de vouloir aider la terre entière on se retrouve dans des relations qui ne sont pas toujours vécues sur un pied d’égalité, ou à cause d’une mauvaise connaissance et estime de soi on n’est pas capable d’accueillir l’ami(e) tel(le) qu’il/elle est ni de croire que l’on est aimé simplement). Alors bien sûr, j’ai conscience d’avoir eu des centres d’intérêt qui ont énormément évolués en peu d’années, et j’admire les personnes qui sont toujours sur la même longueur d’ondes avec leurs amis d’enfance parce que même si ça n’est pas mon cas (les voyages n’aidant pas), c’est totalement possible ! Aujourd’hui, je voulais simplement partager quatre trésors, quatre joies, que m’ont appris mes amis, ces frères et sœurs de cœur.

1/ La conviction que notre présence suffit

Bon… j’admets que ça n’est pas une conviction encore totalement ancrée en moi et que j’ai vite tendance à vouloir être dans le « faire » pour apporter de la joie, mais pour autant, le chemin a été ouvert. Avec des amis, nous n’avons pas besoin de sans cesse nous préoccuper de « faire plaisir ». Etre avec ses amis est synonyme de repos dans le moment présent, à goûter la joie simple du moment partagé. Le feeling inexplicable avec l’autre fait que sa simple présence, sa manière d’être naturelle nous nourrit, comme la nôtre apporte à l’autre, sans que nous n’ayons besoin de rien faire, à part être soi-même. (Oh, la belle transition ! =D)

2/ La liberté d’être soi-même

Le plus grand trésor de l’amitié est certainement la liberté de pouvoir être soi-même.

Bas les masques, pas d’adaptation à un cadre. Bien sûr, on s’adapte à ceux que l’on aime pour que chacun puisse avoir cette même liberté d’être soi-même, mais alors qu’on peut encore se laisser influencer par certaines idées sociétales quand on est dans le monde « sois plus ci, sois moins ça, fais plus ci, ou pas comme ça », avec les amis, on peut vivre la légèreté d’être soi-même à 200%. (C’est d’ailleurs le test suprême pour savoir si la personne est vraiment un véritable ami !). Personnellement, j’aime trainer en jogging quand je suis chez moi et ça me fait mourir de rire que de faire ou d’entendre un énorme rot. Ça m’est égal si ça n’a rien de féminin et que ça n’est pas cohérent avec plein d’autres choses que je peux faire avec beaucoup de douceur. Alors oui, ça surprend la première fois, mais les vrais amis donnent implicitement ce droit d’être sans filtre.

Nous n’avons pas non plus à taire certaines de nos idées, quand peut-être celles-ci sont minoritaires dans la société actuelle. Quand je suis entre amis, le débat (bienveillant bien sûr !) est ouvert, alors qu’avec d’autres, je vais peut-être taire certaines idées ou juste me fatiguer à mettre des formes, car tous n’ont pas une écoute bienveillante. Entre amis on peut être direct, sans détour.

Avec mes amis, je n’adapte pas non plus mes émotions pour ne pas vivre cette « dissonance émotionnelle », qui demande de refléter une émotion qui n’est pas vécue à l’intérieur. Le masque tout sourire quand je me sens brisée à l’intérieur, c’est pour les collègues et les inconnus. Avec mes amis, j’ai abandonné l’idée de montrer la meilleure image de moi. De toute façon, sans l’avoir voulu à un moment où un autre, ils ont forcément assisté à toutes mes bourrasques intérieures. Alors s’ils sont encore là aujourd’hui, je n’ai vraiment plus rien à cacher. Et pour ça, le temps est un allié puissant.

Peut-être que les amis ne sont qu’un labo expérientiel pour se laisser le droit à être soi-même en toutes circonstances, mais pour le moment, il n’y a qu’avec eux que je sens cette légèreté de la liberté, parce que je ne vis pas dans la peur que quelque chose d’important pour moi soit moqué ou dans la vigilance constante de ne pas faire quelque chose qui décevrait l’autre.

3/ Une invitation à contempler l’invisible

Oui, il y a quelque chose de plus grand et plus profond que le quotidien, invisible pour les yeux qui ne prennent pas le temps de regarder au-delà des apparences. Ce trésor est également en cours d’apprentissage pour moi qui vit si mal les tensions. Mes amis m’apprennent qu’il y a quelque chose de plus grand et plus profond que le quotidien. Que les disputes ne remettent pas en cause l’amitié, qui est beaucoup plus solide qu’un malentendu ou un éclat de voix. Moi qui ai tendance à me laisser paralysée par la culpabilité après la moindre dispute, j’apprends à me concentrer sur le lien invisible qui dure et qui a été rendu plus fort par l’événement malheureux. Ça me dit quelque chose de la transcendance, ça m’apprend à contempler l’invisible.

4/ La libération de savoir que nos imperfections ne nous empêchent pas d’être aimé(e)

L’amour au-delà des imperfections est également quelque chose que m’ont appris des amis. Ça m’aide énormément dans mon chemin de renoncement à la perfection de voir que malgré le fait que je sois imparfaite, impatiente, pas minutieuse, exigeante, et franchement un boulet parfois… des personnes m’aiment. C’est parce que certaines personnes m’ont donné le droit d’être imparfaite, de ne pas toujours être au top, de m’énerver, d’être triste, de leur servir un repas qui ressemble à une vraie bouillie parce que je ne sais pas cuisiner, que j’ai d’ailleurs entrevu petit à petit ce lien invisible qui se construit et qui donne le droit d’être totalement soi-même.

Alors oui, j’admets que j’ai pris volontairement mes distances avec certaines personnes pour lesquelles ma présence ne suffisait pas et qui me demandaient sans cesse plus, avec qui je ne pouvais pas dire ce que je pense, avec qui le partage de quelque chose d’important pour moi était rejeté, ou encore qui me donnaient sans cesse l’impression de décevoir parce que je ne collais pas à ce que l’autre attendait et qu’il me le faisait savoir. (Et je dis ça sans aucune rage ou condescendance, mais juste pour souligner quelques comportements qui ne sont pas acceptables dans une amitié). Ça m’a coûté de laisser partir certaines personnes de ma vie. Que ça ait été eux qui aient décidé de prendre leurs distances ou moi d’ailleurs. Ça a été parfois même franchement douloureux, pour mon petit coeur hypersensible. Mais créer ce vide a été nécessaire pour que d’autres personnes viennent le remplir, et aujourd’hui je me sens comblée par ces amitiés qui correspondent à ce à quoi j’aspire. Si vous avez reconnus dans cet article des joies que vous vivez, chérissez ces amitiés ! Elles sont des trésors inestimables. Et si vous n’avez pas le sentiment de pouvoir vivre ces joies, osez aspirer à des relations authentiques ! Et les personnes qui ont ce même désir arriveront dans vos vies. 🙂

Musique d'illustration : Hey Brother - Avicii

Crédit photo : 1. Alex Holyoake. Edited. 2. Michael Fenton. Edited.

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4 Comments

  1. Ch'tite Breizh

    1 septembre 2019 at 2:39

    Superbe article! Je me demande souvent « pourquoi » mes amis proches qui m’accompagnent depuis tant d’année continuent à être à mes cotés…Quelle motivation les pousse à suivre un bout de chemin si long avec moi? Pour moi qui me sens si peu aimable, c’est un vrai questionnement! Mais ces personnes sont tellement importante pour moi que je profite de chaque moment à leurs côté!
    Merci pour cet article!!

    1. Bienheureuse Vulnérabilité

      1 septembre 2019 at 8:40

      Merci pour ton partage !
      J’ai la même question parfois… C’est justement parce que il est plus facile d’avoir des relations de sauveur – sauvé (= avoir des amitiés avec des personnes en difficulté), parce que ça rassure que de sentir utile à l’autre, que ça m’a coûté d’aspirer à des relations saines, d’égal à égal. Mais accepter que dans ces amitiés, quelque chose nous dépasse, et comme tu le dis, rendre grâce pour chaque instant !

  2. Claire

    18 août 2019 at 8:45

    Merci pour ce texte publié le jour de mon anniversaire, que j’ai fêté entourée de mes amis rencontrés en 1ère année à la fac =)
    Merci de me donner des mots pour dire ce que je vis auprès d’eux.

    1. Bienheureuse Vulnérabilité

      18 août 2019 at 12:16

      Merci à toi de nous partager ta joie de ce moment !! =D
      Encore très joyeux anniversaire 🙂

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