« Oh trop la honte ! » Mais c’est quoi la pire des humiliations ?

Mais oui, c’est quoi, la pire des humiliations ? Non ça n’est pas marcher 5 mètres avec du PQ collé à sa chaussure, glisser sur une plaque de verglas dans la cour de récré ou bégayer de stress à une présentation orale. Bien sûr c’est très désagréable et crée un malaise mais je ne crois pas que ça soit la pire des humiliations. Parlons d’abord dans cet article des bénéfices de ces petites humiliations quotidiennes, comme celles précédemment citées, avant d’aborder « la » pire des humiliations, celle qui nous met vraiment à nu.

L’humiliation… chemin d’humour sur soi

Mère Térésa disait « l’humiliation apprend l’humilité. » Alors non, la sainte n’appelait pas au sadomasochisme mais à l’humour sur soi. D’ailleurs, aviez-vous remarqué que le mot « humour » était la contraction d’ « humilité » et d’ « amour » ? Oui, chacune des petites humiliations vécues au quotidien peuvent nous permettre de grandir en humilité, si nous osons cueillir le fruit de ce moment désagréable. Pour vous donner un exemple, pour ceux qui ne le savent pas, je vis dans un pays où l’on ne parle pas français et je suis loin d’être parfaitement bilingue de la langue de mon pays d’adoption. Et il y a des moments où ça fait plaisir à mon manager au travail de me reprendre tous les deux mots ou de franchement rigoler (avec beaucoup de bienveillance bien sûr !) à ce qui pour lui n’a aucun sens quand je parle. – Et j’admets que c’est pas toujours facile de voir quelqu’un exploser de rire quand tu viens de dire quelque chose qui n’avait aucune vocation à être drôle. – Se tromper, faire une petite bourde, oublier… on le fait tous au quotidien. Alors saisissons chacun de ces moments pour sourire sur soi et se dire intérieurement « c’est bon pour mon humilité ! ». La vraie humilité n’étant pas un rabaissement de soi, mais une conscience de sa valeur qui ne change pas lorsque nos imperfections ou limites surgissent. Car non, ces petits tracas ne remettent en rien en cause votre valeur, qu’importe la taille du trou de souris dans lequel vous aimeriez vous cacher à ce moment précis.

Et la pire humiliation dans tout ça ?

Car oui, après ces petites humiliations quotidiennes, il y a selon moi, la pire humiliation – celle qui peut aller jusqu’à tordre les entrailles – est celle qui arrive quand nous vivons au quotidien avec quelqu’un (que ça soit conjoint, ami…) : à un moment la façade jolie et colorée s’écroule, pour laisser apparaitre ce champ de ruines intérieures, parsemé de cassures, de blessures, de cicatrices, de reconstruction brinquebalante… comme je le décris dans cet article « Je suis complétement brisée ». Cette humiliation nous fait nous sentir intérieurement nu face à l’autre. Dépouillé. Cette colère partie trop vite a dévoilé notre manque de patience, ces pleurs ont fait jaillir à la surface cette blessure que nous tentions tant bien que mal de cacher, cette angoisse révèle cette peur que nous dissimulions derrière cette façade de personne invincible… Bref, cette humiliation d’être vue sous l’angle dont vous auriez aimé cacher l’existence votre vie durant. L’humiliation devant votre vulnérabilité mis au grand jour, devant l’image idéale que vous rêviez de garder qui se décompose.

Alors face à cette vulnérabilité mis au jour, que faire ? Se rappeler que « l’humiliation apprend l’humilité » et se réjouir de cette occasion que nous avons de grandir en amour inconditionnel envers soi. Ce chemin-là, pour l’apprentissage de l’humilité, il est royal. Mais il demande tellement de se frayer un chemin au milieu des ruines qu’il parait bien difficile aux premiers abords de croire que quelque chose de Bon peut sortir de la situation. Car oui, aimer ce qui est beau, ce qui est fort, ce qui est joli, est facile. Mais aimer ce qui est pauvre, ce qui est brisé, ce qui n’est pas très attirant, en premier chez nous, crée ce merveilleux miracle d’élargissement du cœur devant ce qui nous est plus difficile d’aimer. Et apprendre à aimer cette vulnérabilité en nous nous aidera à aimer la vulnérabilité chez les autres. Tout le monde est gagnant !

Et pour faire le lien entre les deux parties de cet article, je crois que c’est en commençant par accueillir ces petites humiliations quotidiennes avec humour qu’il deviendra plus facile d’apprendre à accepter cette plus grosse épreuve. Apprendre à remercier quelqu’un qui nous corrige, à sourire à l’idée d’avoir été utilisé pour faire rire d’autres (avec bienveillance toujours !), à être reconnaissant devant cette occasion de grandir… nous fera développer notre humour sur soi, notre amour pour soi :).

Musique d'illustration : Aimer jusqu'à l'impossible - Tina Arena

Crédit photo : Katerina Radvanska. Edited

4 Comments

  1. Ribambelle

    19 novembre 2018 at 10:05

    Se pardonner à soi-même de n’être que ce que l’on est… Et en rendre grâce ! 😄

    1. Bienheureuse Vulnérabilité

      20 novembre 2018 at 12:38

      Amen ! 😀

  2. a-lo

    19 novembre 2018 at 9:07

    Heureux ceux qui savent rire d’eux-mêmes, il n’ont pas fini se s’amuser 😉

    1. Bienheureuse Vulnérabilité

      19 novembre 2018 at 9:18

      Je valide !!!

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