Je suis devenue… une féministe pas comme les autres

Attention disclaimer, cet article est un partage de point de vue, manque d’ouverture d’esprit à d’éventuels points de vue divergents s’abstenir !

Je n’ai jamais été très à l’aise avec le féminisme. Je ne me sentais pas concernée par les revendications faites par certaines femmes ou certains hommes, et je trouvais certaines manières de faire trop violentes, créant plus de clivages que d’unité. Pourtant, je commence à comprendre l’importance du féminisme, et où se situe l’enjeu, qui n’est peut-être pas celui qu’entend certaines femmes de cette société dite « moderne ».

Un monde défini selon des polarités masculines

C’est indéniable que nous sommes dans une société d’hommes, avec des valeurs d’hommes. Oui, un monde d’hommes, car organisé selon des polarités masculines (de contrôle plus que de réceptivité, de force plus que de douceur, d’esprit critique plus que de compassion, d’indépendance plus que de liens, de priorité donnée au mental plus qu’aux émotions,…). Même si les femmes prennent plus de place dans la sphère publique et le monde professionnel, les dirigeants restent généralement des hommes et les valeurs vécues, des valeurs masculines. Comment leur en vouloir ? Ils ont été seuls à gérer la société pendant des années. Et les femmes en minorité cherchent plus à rentrer dans ce moule pré établi, même s’il ne leur convient pas, que de faire basculer la tendance vers leurs polarités : de réceptivité, de douceur, de compassion, de lien, d’émotion,…. Il faut du temps pour que les choses changent.

Oui je suis agréablement surprise d’avoir entendu un jour un homme dire qu’à la maison « il n’aide pas sa femme » parce qu’il expliquait qu’à partir du moment où les deux vivent sous le même toit, il a tout autant le devoir de s’impliquer dans les tâches ménagères ou éducatives qu’elle, quand le verbe « aider » implique qu’une responsabilité appartient naturellement à l’un quand l’autre a l’honneur de pouvoir donner un coup de main. Mais s’il ne le fait pas, ça ne peut pas lui être reproché car la responsabilité ne lui appartient pas ou « parce qu’on ne lui a pas demandé de le faire ». A partir du moment où les deux parents travaillent, car il est compliqué aujourd’hui de se contenter d’un seul salaire pour faire vivre une famille ou juste parce que la femme a envie de travailler, les deux personnes devraient se charger à égal sentiment de responsabilité de la gestion de la maison. Et ça n’est absolument pas normal que la charge mentale soit portée par les femmes (parce qu’elles-mêmes se désignent naturellement responsables de la gestion de la maison tout comme les hommes le prennent pour acquis), comme l’explique la vidéo « La charge mentale » de la chaine Parlons Peu mais Parlons.

Sans parler des inégalités salariales à poste égal, de possible discrimination à l’embauche à cause des « risques de grossesse » d’une femme, des culpabilisations faites aux femmes harcelées ou violées, de la sexualisation d’une femme qui ose prendre la parole… Oui, c’est clair qu’il y a du chemin à faire.

Le féminisme qui aime profondément les femmes

Sauf que, comme je l’évoquais en introduction, une branche du féminisme d’aujourd’hui me parait agressif, destructeur, avec l’homme comme ennemi, alors pourtant que ce qui est réclamé comme droits sont des valeurs masculines, le contrôle en tête, à l’opposé d’un des trésors de la femme qui est de se faire capacité de réception d’un don qui la dépasse pour le donner au monde en se sachant absolument pas propriétaire de ce don. Est-ce donc aimer les femmes que de chercher à les faire devenir des hommes ?

Personnellement je réalise que je suis une femme qui aime tellement les femmes, qui admire tellement comment elles sont créées qu’elle ne cherche pas à les changer. Oui j’ai vraiment du mal à comprendre comment on peut aimer profondément le fait d’être femme en cherchant à détruire ou se faire maitre du plus beau cadeau qui nous a été fait : transmettre la vie. (Je suis pourtant la dernière à vouloir être mère au foyer ou croire que c’est la vocation ultime de la femme ! Il n’en reste que transmettre la vie est certainement un des plus beaux mystères qu’elle a). J’ai dû mal à comprendre comment on peut aimer son identité de femme qui aspire à aimer, à se donner à un autre différent, quand on se place en opposition aux hommes, comme s’ils étaient uniquement source d’oppression et non de complémentarité.

Pour moi l’égalité, ça n’est pas avoir la possibilité de correspondre à quelque chose qui renie notre identité profonde, mais c’est le fait que règne l’harmonie entre tous car chacun trouve sa juste place, qui est naturellement complémentaire avec celles de tous les autres.

Et tout comme l’acceptation de la vulnérabilité nous rappelle que nous ne sommes pas tout puissant et nous invite à accueillir nos limites pour savourer le bonheur de se savoir aimé(e) tel(le) qu’on est, je crois que le féminisme heureux n’est pas une lutte violente à mener, mais plutôt la simple action de ce que la femme sait faire de mieux : se faire capacité, être dans un mouvement de réception, accueil d’un don qui la dépasse, pour pouvoir accueillir l’autre différent et complémentaire car elle sait qu’il y a en elle un creux amené à être rempli. Comment pourrait-on défendre une forteresse et avoir le courage et la persévérance pour le faire quand on n’a pas conscience que cette forteresse contient un trésor ? Qu’avons-nous à défendre si nous nous sommes déconnectées de notre trésor et n’avons même plus conscience de la beauté du mystère féminin ?

Le plus grand droit de la femme : le droit d’être femme

Je crois que le féminisme tourné vers la vie reconnecte la femme avec ce qu’elle est au fond d’elle-même pour ensuite lui donner le plus grand droit qu’elle mérite : pouvoir déployer ce qu’elle est librement, sans recevoir un feedback lui faisant comprendre qu’elle ne rentre pas dans les codes ou l’acceptable de la société. Le féminisme heureux, c’est se reconnecter au vivant, dont la culture de l’instantanéité et du contrôle nous sépare, pour valoriser le trésor que c’est d’être une femme et ainsi oser porter sa voix quand on a compris qu’il n’y avait aucune honte à être soi. Bien sûr, comme je disais dans cet article, oser prendre sa place demande de ne pas attendre que les autres nous la donnent. Il ne faut pas attendre que les hommes se retirent sagement de tous les postes de décisions mais il y a un certain combat à mener. Le féminisme que je présente n’est en rien cuicui les petits oiseaux. Mais cette fermeté dans le pas qui avance n’est pas la même quand on cherche à construire avec force et douceur, à déployer un nouveau monde avec les forces de l’intelligence rationnelle et émotionnelle.

Oui, je rêve d’un féminisme qui passe du contrôle à la réceptivité, du « droit de disposer de son corps » au droit de ne pas avoir honte de son corps tel qu’il est : vivant, pas épilé, pas maquillé, avec des formes, des boutons (et non des « imperfections » qu’il faudrait corriger). Parce qu’à nous fait croire qu’on a le droit de tout contrôler et qu’être féminine c’est montrer un corps parfait, on en vient à culpabiliser quand on n’arrive pas à tout faire, et le faire parfaitement, que tout dans notre environnement n’est pas toujours sous contrôle et on se met à contraindre notre corps, l’empêcher de vivre voire lui faire mal à coup de régime, d’épilations,… ou pire encore. Je rêve d’un féminisme qui prône comme premier droit celui d’être soi-même et de laisser déployer tout ce qui jaillit de soi, sans nous rabâcher que la femme qui est belle est autrement qu’exactement tel que le sont chaque visage ou corps de femme. Je rêve d’un féminisme qui dit que la beauté d’une femme ne dépend pas de la possession de ce tout nouveau sac à main, mais de son sourire franc parce qu’elle se sait aimée et reconnue exactement telle qu’elle est.

A travers cet article, je souhaitais juste partager mon regard. J’ai bien conscience que tout ça est une question de point de vue, d’histoire et d’expériences personnelles. Je ne dénigre pas du tout les violences dont souffrent beaucoup de femmes et il faut en parler. Mais un peu dans le même esprit de l’article « Quelle réponse à la violence du monde ? », je crois que rajouter de la violence à la violence n’est pas un chemin qui nous fera tous grandir sinon au contraire créera une séparation qui fera chercher à la femme une complémentarité en elle-même qui n’existe pas autre part que dans un autre différent. Tout comme je crois qu’une part de la beauté de la femme se situe dans l’accueil de l’imprévisible, dans la disponibilité du cœur, et non dans le contrôle de ce qui peut jaillir de soi. Et si je rêve d’une société où l’accueil de l’autre prône sur la compétitivité, je ne peux que toujours choisir la compassion au lieu du jugement.

En conclusion… Quand je parlais de faire du tri dans les objets qui nous entourent (article à venir…), je crois par exemple que les magazines féminins grand public sont soit profondément hypocrites, soit n’aiment pas vraiment les femmes. Alors je rends grâce pour le magazine Zélie (et ça n’est pas une publicité mais un élan du cœur), qui ose dire que le bonheur se trouve dans l’unité de la femme, dans la sobriété, la légèreté, l’amour profond de son corps tel qu’il est et non dans les produits des 50 pages de pubs sur les 100 pages du magazine, les derniers conseils régimes ou des techniques de drague qui invitent à vivre un amour au rabais. J’aime les portraits des femmes qui sont présentées : entrepreneuses, persévérantes et patientes dans l’accompagnement d’un proche dans la maladie, courageuses voyageuses ou expatriées, et aussi, incroyables Maman. Bref, un magazine qui reconnecte à la Vie.

Femmes, je vous aime ! Parce que je sais de quelle beauté et de quelle puissance vous êtes faites, même si vos blessures ont pu vous le faire oublier.

Hommes, je vous aime ! Parce que, étant conscience de ma beauté de femme, je sais que j’ai besoin de vous pour aimer et être aimée dans une parfaite complémentarité.

Musique d'illustration : Quand elle passe - Fabienne Marsaudon 

Crédit photo : 1/ Nathan Mcbride. Edited. 2/ Simone Busatto. Edited. 3/ Aziz Acharki

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