L’hypersensibilité, un trésor pour ce monde et une responsabilité

Environ une personne sur 5 est hypersensible. C’est à la fois beaucoup, tout en restant une minorité. Je crois aujourd’hui que les hypersensibles ont un trésor à offrir au monde qui est relativement rare pour cette raison qu’ils sont en minorité, mais comme tout trésor, je crois qu’il implique une responsabilité.

L’hypersensibilité, un trésor pour ce monde

Les hypersensibles sont un trésor pour ce monde car ils rendent le monde plus humain en l’aidant à se reconnecter à son essence et au but de la vie : l’amour. Car si à un certain moment l’amour devient un choix (quand on se confronte aux limites de l’autre ou aux siennes), cet élan du cœur est nécessaire pour que l’intention soit joyeuse, habitée, et non de simples gestes ou paroles mécanique. Et la sensibilité crée l’urgence de créer plus d’amour.
Dans cet article, je faisais une liste non-exhaustive des richesses des hypersensibles et je crois profondément qu’ils sont des diapasons qui invitent les autres à se questionner sur la bonté et la pureté de leurs intentions. Comme le décrit Christel Petitcollin dans son livre « Je pense trop », avec un passage que je crois transposable aux hypersensibles :

« Avec ce système de valeur absolu, ce regard clairvoyant, quoiqu’ils fassent, ils ne peuvent pas ne pas donner le la, un la très pur. Alors, les gens qui s’en approchent, comme autant d’instruments de musique, ont ainsi la possibilité de vérifier s’ils sonnent juste et au besoin de se réaccorder. Il y a alors plusieurs cas de figures : soit la personne sonne juste. Elle est authentique, sincère et saine. Alors, côtoyer un surefficient mental est pour elle un vrai bonheur. Soit la personne est désaccordée. Cette rencontre est pour elle une opportunité précieuse de s’en rendre compte et une réelle chance d’évoluer. […] Alors parfois, la rencontre est-elle juste perturbante. On fuit ce diapason dérangeant et on s’empresse d’oublier sa propre fausseté. Et puis il y a ceux qui détestent la musique et qui sont ravis de jouer sournoisement faux pour embêter l’orchestre, tout en faisant semblant d’être justes. Ceux-là détestent bien évidemment ces diapasons, qu’il faut à toutes fins empêcher de résonner ! »

Le fait d’aimer la simplicité de la vie, de s’émerveiller dans le quotidien, invite l’Homme à se reconnecter à l’Essentiel. Ils peuvent être des prophètes de la sobriété heureuse….

Ils ont un cœur tendre, ils sont plus tournés vers les autres et ont un grand désir de faire preuve de tendresse, de douceur, de compassion envers les personnes qui les entourent. Ce sont les personnes les plus gentilles et dévouées qui existent au monde. Et leur empathie leur permet d’être des créateurs de liens et de parfaits médiateurs en cas de conflits car ils savent se mettre à la place des deux partis pour que chacun se sente vraiment compris tout en les amenant avec douceur à s’ouvrir au point de vue de l’autre. Et je crois sans trop risquer la contradiction qu’un monde avec peu de conflits est bien plus agréables à vivre qu’avec des tensions ou des guerres franchement ouvertes entre tout le monde. Un peu dans la même idée, ils ont une capacité à prendre des décisions qui font plus consensus que les personnes qui ne ressentent pas ce que les autres sentent. Et le fait qu’ils aient un caractère passionné leur permet de donner le meilleur d’eux-mêmes et d’entrainer les autres à faire de même. Les hypersensibles sont guidés dans la vie par le désir de vivre de manière radicale leurs valeurs et non par des quêtes de pouvoir ou désir de servir des intérêts propres.

L’hypersensibilité, une responsabilité

1. Responsabilité à protéger leur trésor

La première responsabilité à laquelle invite ce trésor est de protéger celui-ci. Car si nous sommes sensibles à protéger la forêt amazonienne considérée comme les poumons du monde, les hypersensibles méritent d’être protégés étant certainement le cœur du monde. Et la deuxième raison de cette responsabilité est le devoir de tirer le meilleur de ce trait de caractère justement pour qu’il soit déployé et que le monde profite de ses bénéfices.

Ce trésor peut être protégé notamment lorsque les hypersensibles acceptent de respecter et faire respecter leurs limites car ils laissent plus facilement celles-ci être dépassées à cause de leur empathie. Ils ont tellement tendance à éponger les émotions des autres jusqu’à faire leur la souffrance des autres qu’ils se mettent à chercher une solution pour calmer cette souffrance et le seul moyen devient alors d’aider l’autre à calmer la sienne. Or, ce système est infini et donc épuisant… Une des solutions est donc d’être vigilant à bien rester sur son axe propre, la solitude aide beaucoup à cela, pour toujours être conscient de ce qui est de ses propres émotions, et de ce qu’ils ont récupéré des autres.

2. Responsabilité de ne pas se concentrer sur le mauvais, les limites de l’Homme car ils les sentent plus que les autres, ce qui amènerait à perdre foi en l’humanité.

Les hypersensibles sont blessés facilement car, c’est vrai, tout les atteint. Leur grande capacité d’aimer a pour revers de médaille une grande capacité d’être blessée. Et ils peuvent vite donner plus d’importance à leurs blessures qu’aux preuves d’amour car la douleur est, chez tout le monde, naturellement plus intense et l’Homme a une tendance à s’en rappeler plus facilement que de ses joies – question de survie. Il y a donc une vigilance à avoir à ce que les blessures ne prennent pas plus de place que toutes les magnifiques preuves d’amour dont ils sont également l’objet.

Cette vigilance s’applique aussi aux blessures et souffrances des autres. J’en parlais plus haut, leur capacité d’éponge leur fait même ressentir comme si c’était la leur la souffrance des autres. Ecouter un reportage sur l’esclavage moderne, sur les guerres, sur les harcèlements, sur les injustices que crée la financiarisation de l’économie ou tout type de souffrance leur est insupportable et à force de ressentir la souffrance du monde entier, ils peuvent complétement perdre foi en l’humanité et tomber dans l’orgueil ou dans l’autosuffisance en croyant qu’il n’y a rien de bon dans le monde ou alors fermer leur cœur… Quand on voit combien les chaines d’infos en continu ne balancent que des actualités anxiogènes et négatives, protéger sa sensibilité demande par exemple de se couper de certaines sources d’informations.

Bref, les hypersensibles ont le devoir de ne pas s’arrêter au mal de ce monde, même quand ils le ressentent de manière aussi intense. Il est fondamental de le dépasser pour protéger leur optimisme naturel. Faire preuve de compréhension de l’autre quand lui ne nous comprend pas.

3. Responsabilité de se guérir

En lien avec le point précédent, justement parce que les hypersensibles sont blessés plus rapidement que les autres, pour préserver leur sensibilité et lui permettre de déployer tout son potentiel, il est essentiel de faire un travail sur soi pour se guérir, pour pardonner et se pardonner des événements passés. C’est ça au fond qui permet de gérer au mieux les blessures présentes, quand on a bien géré celles du passé.

Car il faut bien faire la différence entre hypersensibilité et réaction vive à une blessure. L’un est à accepter et à voir comme un cadeau et l’autre est à guérir. C’est comme quand on appuie (sans faire exprès 😉 ) sur un pied blessé, la personne va hurler. Alors que si son pied n’est pas accidenté, elle va le supporter avec une simple gène. Le psychique fonctionne de manière semblable au corps à ce niveau-là : si on fait une remarque à une personne sur son poids alors que ce sujet ravive une blessure, elle va réagir vivement (extérieurement ou intérieurement d’ailleurs) mais si on a aucune blessure à ce niveau-là ou que l’on a guéri des blessures passées, ça va nous glisser dessus comme l’eau sur les plumes d’un canard.

« Tranforme les blessures en sagesse »

4. Ne pas se couper de sa sensibilité en fermant son coeur

A force d’entendre « tu es trop susceptible », les hypersensibles peuvent avoir envie d’écouter ceux qui leur conseillent de se blinder. Mais pour avoir testé et pas approuvé : fermer son cœur en espérant moins souffrir ne fonctionne pas. On souffre de se sentir seul, on souffre que tout ce qu’on refoule et qui essaye de jaillir soit compressé, on souffre de ne plus sentir la joie et l’amour. Parce que se blinder revient à renier qui on est, et il n’y a jamais de vrai bonheur quand on ne se laisse pas être soi, car cela revient à ne pas s’aimer soi-même donc la source de don et de réception d’amour est coupé

5. Responsabilité à oser être soi

Oui, oser être soi, pour que l’amour puisse rentrer et sortir sans entrave. J’y faisais allusion également dans le point sur le trésor, les hypersensibles ont une capacité de sentir facilement quand l’homme n’est pas sur un chemin de vie, quand il se déconnecte de ce qui le rend profondément heureux : c’est-à-dire aimer et être aimé. Sa capacité à capter des choses que peu de personnes sont capables, à vivre les évènements à un niveau plus profond lui permet d’avoir une plus grande lucidité sur la vie. Et dans un monde où la violence, les intérêts personnels, les soifs de pouvoir, la performance font la loi, ou les émotions sont dénigrées, oser simplement être soi devient alors de l’ordre de la résistance active et y réussir, presque de l’ordre d’un miracle.

Conclusion

Alors si tu es hypersensible, ces responsabilités peuvent te sembler être un poids. Et puis si tu n’es pas sadomasochiste (ce que je te souhaite), tu ne vois peut-être aucun intérêt à accepter ces responsabilités, et contrairement à James Bond, à entendre « votre mission, si vous l’acceptez, est… », tu voudrais simplement tourner les talons. Sauf qu’accepter ces responsabilités revient à déployer qui tu es, à te laisser guérir, à te laisser aimer… et même si rouvrir son cœur réhabilite indéniablement la capacité de souffrir, le bonheur d’être soi et de se sentir aligné avec ce que l’on porte en soi, le bonheur d’aimer et d’être aimé, est bien bien supérieur aux souffrances. Alors vraiment, confiance ! Ça vaut le coup.

Musique d'illustration : Dis-leur que l'on s'aime, dis-leur que l'on sème - HK

Crédit photo : 1/ Toa Heftiba. Edited. 2/ Jordan Whitt. Edited. 3/ Brett Jordan

Le blog Bienheureuse Vulnérabilité est absent de tous les réseaux sociaux. Pour être tenu informé(e) des articles récents, abonnez-vous à la newsletter ici ou sur la colonne de droite. Juste 1 mail par mois, pas de spam, ni de transmission de votre adresse à un tiers, promis ! 🙂

Articles Récents :

Leave a Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.