« Tu es trop susceptible ! » Pourquoi mes réactions paraissent vives et comment prendre les choses moins personnellement?

Pour M. petite ange discret. Pour moi une source d’inspiration et une force pour persévérer !

« Tu es trop susceptible ! ». Combien de fois aie-je entendu cette phrase dans ma vie !? Et je suis sûre que tous les hypersensibles collectionnent aussi une belle panoplie de cette phrase. Alors pourquoi mes réactions paraissent souvent vives dans mes interactions avec les autres ? Et comment prendre les remarques moins personnellement ?

3 possibles raisons de vives réactions

1.      Mes propres filtres

Combien de fois au travail surtout j’ai mal interprétée des remarques qui à mes yeux me paraissaient ultra claires ?

Par exemple, une fois un collègue me dit « Tu pars plus tôt parce que le chef n’est pas là ». Avec mon filtre « j’ai peur de passer pour une fainéante au boulot », je comprends tout de suite « Tu profites de son absence, vu qu’il n’est pas là pour remarquer que tu restes tard ». Alors qu’en fait, la remarque de mon collègue était motivée par une pointe de jalousie, et il voulait dire « Vu que tu préfères notre manager à moi, s’il n’est pas là, tu n’as aucune raison de rester vu que ça t’est égal d’être avec moi ». Autre exemple (avec les mêmes personnes, désolée mais ce sont les plus récents qui me viennent en tête !) : une fois je suivais une formation par Skype, à laquelle mon responsable pouvait assister en même temps en présentiel. Et il faisait que de m’envoyer des messages pour savoir si je suivais bien la formation et si je comprenais. Mon filtre « Il ne te fait pas confiance sur ta capacité de concentration ou pire sur tes capacités à comprendre le sujet » s’est activé. Alors qu’après avoir parlé avec lui, ces messages voulaient dire « je me soucie que tu te sentes bien intégrée à la formation car à distance ça doit être difficile de suivre ».

Ces deux exemples ont pour but de démontrer l’existence de nos propres filtres et comment ils nous trompent. Nous interprétons absolument TOUT ce qui nous entoure, en fonction de nos propres croyances, notre propre vécu, et bien sûr, nos blessures. Ce qui rend impossible la déduction de l’intention de l’autre, aussi claire que le message puisse paraitre. Et cela nous fait réagir, car nous nous trompons sur l’intention de la personne.

2.      J’ai un grand souci de la justice

Une vive réaction peut être aussi dû à un sentiment d’injustice si on estime que ce que l’autre dit est faux. On se sent alors le devoir de rectifier ce qu’il pense.

3.      Je me sens en danger

Mais parfois, lorsque quelqu’un nous fait une remarque, nous savons que c’est vrai. Et certaines personnes ont une expérience de vie qui peut avoir dérèglé l’indicateur de rejet (qui est fondamental pour la survie au sein d’un groupe) et prennent ainsi toute critique comme du rejet, ce qui créent un sentiment de danger.

Le risque devient alors qu’on cherche à se sur-adapter à ce qu’on croit que les gens attendent de nous pour espérer ne plus recevoir ces critiques, sans pourtant que ce comportement soit naturel. Mais la conséquence inévitable est une fatigue émotionnelle.

Alors comment faire pour se sentir moins affecté par des remarques ? Si avoir conscience de nos mécanismes et de nos filtres est une première étape pour ne pas se laisser conditionner par eux, quelques pistes peuvent peut-être aider à mieux réguler nos réactions.

6 idées pour mieux gérer nos réactions

1.      Grandir en estime de soi

Renforcer l’estime de soi est toujours une solution pour n’importe quel défi psychologique. Si nous sommes assurés de notre valeur à nos propres yeux, qu’importe les faiblesses que l’on peut avoir ou erreur que l’on peut faire, on sera moins déstabilisé par une remarque car on ne se résumera pas à elle.

2.      Grandir en humilité

De l’autre côté de la balance où se trouve l’estime de soi, il y a l’humilité. L’humilité rend possible le jem’enfoutisme vis-à-vis de la bonne image que les autres pourraient avoir de nous. On prend la remarque pour savoir ce que l’on peut améliorer, mais sans chercher à se justifier pour rétablir une image de nous avantageuse.

3.      Gérer l’émotion présente

Si vous vous sentez envahi par une émotion, il est fondamental de la gérer et de ne pas la refouler, j’en parlerai dans un prochain article. Mais en un mot : accueillir ce qui vous traverse, ne pas vous y identifier et la laisser partir. Ce qui vous a été dit vous touche, acceptez-le ! Plutôt que de faire semblant que ça ne vous impacte pas.

4.      Demander une explication ou des précisions

Si vous êtes suffisamment en confiance avec la personne, rien de tel qu’une demande de précision pour enlever un malentendu. Parfois c’est aussi simple que ça pour se prouver à soi-même que c’était notre filtre qui parlait et que même si la phrase avait l’apparence d’une critique, la forme du critique, les mots d’une critique, ça n’est peut-être pas une critique !

5.      Accepter que la critique est inévitable

La perfection incarnée a été crucifiée… Si vous êtes chrétien, vous croyez que Jésus est le Fils de Dieu et donc qu’Il était parfait. Et pourtant, il a été rejeté et assassiné. Si vous n’êtes pas chrétien, regardez les critiques de votre film préféré ou du livre que vous adorez : des personnes le détestent ! Vous aurez beau faire de votre mieux, ça aidera certaines personnes et ça en révoltera d’autres. Rationnalisons. Personne n’est parfait.

6.      Se foutre des critiques inutiles !

Dans la suite de l’acceptation que la critique est inévitable, il est possible que vous ayez grand désir de faire plaisir à tout le monde et qu’une critique vous indique que vous avez raté cet objectif et c’est cet échec qui vous rend triste. Alors oui parfois ces corrections sont utiles et nous permettent de nous améliorer, mais il faut aussi accepter qu’il y ait des critiques absolument inutiles qu’il faut juste ignorer. Il y a certaines personnes qui en sont à des niveaux olympiques dans le sport de la critique. Laissez-les pisser dans leur bac à sable, comme dirait l’autre, et ne rentrez pas dans leur jeu de diffusion de mauvaises ondes.

Si vous avez d’autres idées pour moins prendre personnellement des remarques d’autrui et ainsi apaiser les relations et vivre mieux, n’hésitez pas à les mettre en commentaire 🙂

Musique d'illustration : No hagas caso no - Manny Montes

Crédit photo : Jorik Kleen. Edited.

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5 Comments

  1. Ribambelle

    25 février 2019 at 11:37

    « L’exagération, c’est de revendiquer la supériorité du désir d’exister sur le souci de vivre dominé par l’impératif du nécessaire . » F. MARXER, Au péril de la nuit, p. 53.

    1. Bienheureuse Vulnérabilité

      1 mars 2019 at 11:14

      Il est trop intelligent pour moi ce Marxer. 😉

  2. Ribambelle

    25 février 2019 at 6:40

    Point 2 : la Tradition spirituelle nous dit aussi que l’humilité vient aussi de… l’humiliation.

  3. a-lo

    25 février 2019 at 9:55

    Je résumerais les point 1 « Mes propres filtres » par l’accord toltèques : « Ne faites aucune supposition » 😉
    Et en règle général, les 4 accords toltèques aident à apaiser les relations avec soi-même et avec les autres =)
    Idée d’article ?

    1. Bienheureuse Vulnérabilité

      25 février 2019 at 10:53

      Hahaha je sens le nouveau livre préféré ^^. Why not 😉

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