La santé mentale, on en parle ?

Une question d’habitudes

J’ai l’impression que ce sujet est tabou. On a beaucoup plus de facilité à parler de la santé physique que mentale, comme je le mettais déjà en valeur avec l’article sur l’hygiène émotionnelle.Si on voit une personne manger que des fast food ou ne jamais faire de sport, on va lui conseiller de mettre en place des bonnes pratiques pour prendre soin de son corps et le garder « en bonne santé ». Pourtant, si on voit quelqu’un qui se dénigre, qui vit des relations toxiques, va-t-on lui dire ? « Tu ne prends pas soin de ta santé, tu gagnerais beaucoup à apprendre à faire du bien à ton mental, à arrêter de t’insulter, à dire non, à te respecter… ».

La santé physique n’est pas taboue, pourquoi la santé mentale l’est-elle ?

D’ailleurs, il n’y a aucune honte à aller voir son médecin généraliste, mais un psychologue, là tout de suite ça n’est plus pareil. A la rigueur, dire « Je vais voir un coach pour optimiser mon développement personnel », ça claque plus que « Je vais voir un psy pour soigner mes blessures et ne plus permettre qu’elles me pourrissent le présent pour avoir une attitude plus juste par rapport à mon environnement ». Dans un cas vous êtes vu comme quelqu’un de moderne et ambitieux, dans l’autre comme une personne légèrement malade mentale. Eh bien, entre nous, je crois que tout le monde a besoin d’aller voir un psy. Une ou plusieurs fois dans sa vie. Comme nous allons voir le médecin pour notre corps. Et j’aimerais tant qu’il n’y ait aucune honte à ça. Je crois même qu’il vaut mieux aller le voir entre 15 et 30 ans pour ne pas louper ce tournant de l’enfance à la vie adulte et ainsi espérer éviter le pétage de watt à 40 ans qui nous fait tout envoyer valser ou être le triste témoin que les fondations peu solides construites s’effritent voire s’écroulent. Mais pour d’éventuels lecteurs, jeunes depuis plus longtemps que les vingtenaires ou trentenaires, il n’est jamais trop tard pour prendre soin de soi !!

Sans avoir jamais utilisé les mots « santé mentale » jusqu’à présent sur le blog, je crois qu’il parle énormément de ce sujet. Et comme il est possible de guérir de maladies physiques très graves, je crois aujourd’hui qu’il est possible de guérir d’une mauvaise hygiène de vie mentale. Je ne parle pas de cas extrêmes comme la bipolarité par exemple. Je fais plus référence à ce truc dont je parlais dans cet article où je partageais mon expérience de vie avec des femmes sans domicile fixe, qui me fait croire qu’on est tous un peu cinglés.

Peut-être que c’est tout simplement ça que j’admettais en partie dans mon article « Je suis complétement brisée » : ma propre mauvaise hygiène mentale. Mais comme vous pouvez le voir j’espère à travers ce blog, je me soigne ! A ce stade vous devez vous dire que je suis totalement folle, mais pourtant, j’ose croire que non (ou pas totalement 🙂 ). J’admets juste que j’ai encore des réflexes mauvais pour moi (culpabiliser de choses dont je n’ai aucunement la responsabilité, ne pas croire que mes émotions valent autant que celles de mon voisin, ne pas me laisser le droit de beaucoup de choses,…) ou que parfois un événement appuie sur une blessure de mon âme et la rend à nouveau douloureuse. Si vous avez une blessure au pieds et que quelqu’un vous marche dessus, vous allez hurler. L’autre, s’il n’est pas au courant de cette blessure, pourra penser que vous exagérez (#TrueStory). Et bien c’est pareil avec les blessures de l’âme. Si vous avez une blessure de rejet, la moindre situation qui ravive cette blessure pourra vous faire avoir une réaction qui peut paraitre disproportionnée, mais qui est pourtant totalement légitime compte tenu de votre histoire. Mais accepter que nous avons le droit de ressentir certaines choses, ne rendent pas ces sentiments tolérables pour autant. Je pense à l’angoisse par exemple. Oui j’ai des crises d’angoisses parfois. J’en parlais d’ailleurs dans cet article, surtout destiné aux personnes qui ont la grâce de ne pas vivre ça, pour comprendre ce que c’est. Et autant, j’ai à faire preuve de bienveillance envers moi dans ces moments-là, autant il est de ma responsabilité de soigner les blessures intérieures, de casser les fausses croyances qui créent cette angoisse-là. Ça n’est pas parce que j’accepte le fait que j’ai la grippe et que je suis gentille avec moi car ça n’est pas vraiment ma faute, que je n’ai pas à aller voir le médecin pour me guérir. Et pour moi, il est là le vrai courage, car on ne peut pas en faire preuve si nous n’avons pas de peur ou de choses douloureuses en nous.

Je crois que les personnes heureuses ne sont pas celles qui ont le plus d’argent, le plus de pouvoir ou le meilleur job. C’est simplement celles qui ont une bonne hygiène mentale et qui se sont reconciliées avec leurs vulnérabilités parce qu’elles ont pris la responsabilité de leur vie intérieure.

Et vous, prenez-vous soin de votre santé mentale ?

Musique d’illustration : Walking wounded - Don Francisco

Crédit photo : Cristian Alvarez. Edited.

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2 Comments

  1. Ch'tite Breizh

    11 novembre 2019 at 2:42

    Très juste!

    1. Bienheureuse Vulnérabilité

      13 novembre 2019 at 7:55

      😀

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