8 invitations positives que nous fait le Covid 19

Comme je le montre tout au long de ce blog, c’est quand la vulnérabilité se fait sentir de manière plus pressante, quand certaines choses meurent en nous ou que nous sommes privés de choses qui nous paraissaient essentielles, que mystérieusement la vie se fraie un chemin et nous invite à l’embrasser avec encore plus de forces. Et si je l’avoue, la peur m’a envahie quelques minutes au début (à cause des chaines de télé en continue que je fuis maintenant !), plus le temps passe, plus je vois tout le positif que cette épreuve peut nous apporter, peut-être grâce à une familiarisation de la situation qui fait réduire la peur. Alors quand on débranche la télévision et qu’on sort des prévisions et des discours apocalyptiques, on réalise que ce temps nous invite à grandir et que, comme le Dr Vittoz (créateur de la méthode éponyme) le disait « Il n’y a rien d’absolument insupportable dans le présent. » Aujourd’hui je souhaitais donc partager avec vous ces pistes de trésors que nous pourrions développer :

1. Nous rappeler que le bon, comme le mauvais, n’a pas de frontière. Nous formons tous partie d’une même communauté humaine

D’habitude le mauvais c’est l’autre, l’étranger, celui qui n’est pas comme moi. Si au début du fléau, une asiaphobie naissait, maintenant, si je souhaite regarder mal tous les potentiels porteurs de virus, c’est mon voisin, celui qui me ressemble, que je vais dévisager méchamment. Quand on regarde le développement du virus dans certaines zones de manière plus forte que d’autres, ces zones ne sont pas définies par les frontières des pays mais des frontières invisibles avec le monde en commun. Et si peut-être que le repli chez soi est une solution provisoire pour venir à bout de cette maladie, j’espère que quand nous ressortirons le nez dehors, nous nous sentirons chacun un peu plus membre de cette merveilleuse famille humaine, car la frontière entre le bon et le mauvais ne se situe pas entre deux pays mais dans le cœur de chacun.

2. L’humilité face à ce qui est inconnu et ce qui sort de notre contrôle

Je ne sais pas pourquoi mais c’est une intuition profonde que j’ai. Si ce virus prend autant de place sur la scène médiatique, c’est parce qu’il comprend beaucoup d’inconnu et nous dépasse tous. Mais en terme de nombres de morts, oui il fait dix fois plus de morts que la grippe (1 à 3% de morts vs 0,02% de morts pour les grippés, source : France Soir), mais les 9 000 suicidés par an (source : Santé Publique France), les 157 400 morts d’un cancer en 2018 (source : Institut National du Cancer), les 2 133 morts sur la route en 2019 (source : 20 minutes) ne font pas autant la Une des médias, tout comme beaucoup de questions de santé publique comme l’addiction, la solitude, la souffrance au travail… qui détruisent beaucoup de personnes de l’intérieur.

J’entends bien que maintenant certains hôpitaux sont surchargés et que la situation n’est pas commune. Mais il faut reconnaitre que les médias ne parlaient que de ça bien avant que la situation soit aussi dramatique qu’elle peut l’être aujourd’hui ou qu’elle pourra l’être demain.

Donc si la situation anormale attire autant notre attention, que cela soit pour grandir en humilité. Non, la science ne peut pas tout. La croissance économique n’est pas la solution à tout. Revenons au présent, reconnaissons-nous petit en ce monde. Faisons notre part, juste notre part, en mettant en pratique les gestes barrières. Et face à l’inconnu, développons la confiance (que du positif sortira, que les responsables politiques prendront les mesures qu’il faut…) et face à ce qui sort de notre contrôle, concentrons-nous sur ces toutes petites actions du quotidien que nous pouvons effectivement réaliser.

3. Offrir une présence de qualité à nos proches

Ce point et le suivant feront l’objet d’articles que je détaillerai plus en profondeur de par leur aspect fondamental aujourd’hui. Si nous sommes confinés chez nous et ne pouvons même plus passer du bon temps ensemble dehors, que ce temps soit une invitation à offrir une présence de qualité à nos proches, où nous faisons grandir la communication par exemple. Une présence attentive, qui n’est pas dispersée, happée par d’autres préoccupations. Je vous renvoie au témoignage de Marie-Anne sur la qualité de la présence dans nos relations dans cet article.

4. Profiter de la solitude pour faire grandir l’amitié avec soi

Combien de personnes aujourd’hui n’ont pas peur d’être seul(e) et recherchent les moments de solitude avec joie ? Si peu… Nous avons tellement de propositions de distractions, de consommation, que nous ne savons plus être seul(e), et encore moins être seul(e) en silence. Pourtant, la solitude habitée par sa propre amitié est un des plus beaux trésors de cette terre. Alors pour ceux à qui on a retiré leur activité quotidienne (école, université, travail…), profitez de certains temps de solitude pour faire grandir l’amitié avec vous-même, pour savourer votre simple présence à vous-même, pour que les autres deviennent un cadeau reçu et non une nécessité pour combler un besoin auquel vous ne savez pas répondre seul.

5. Constater que la sobriété heureuse est possible et donc repenser notre mode de vie de manière pérenne

J’ai une profonde compassion pour les autoentrepreneurs, les artistes, les petites entreprises et j’ai une interrogation réelle sur les capacités de l’Etat à compenser le salaire des personnes mises au chômage technique. Pourtant, à part les personnes décédées (ça parait cohérent…), chacun rebondira à sa manière et aura l’opportunité de sortir plus fort. Et on pourra alors constater: c’est ok de réduire sa consommation ou même se passer totalement de consommer pendant un temps, on n’en est pas plus malheureux. C’est ok de faire passer la santé avant l’économie, qu’importe les conséquences. C’est finalement pas si mal de favoriser le local pour ne pas avoir des problèmes de livraison avec l’autre bout du monde. Car oui, la société survivra à cette économie mise au ralenti alors peut-être que cette expérience nous donnera la force de reproduire cette conviction que la santé est prioritaire aux résultats (et même la condition sine qua non pour atteindre les résultats car quand la santé n’est pas là, aucun objectif ne peut être atteint !) à de plus petites échelles dans nos entreprises par exemple. Bref, une invitation à la sobriété.

6. L’obéissance, condition de vie harmonieuse ensemble

Je crois que nous pouvons le reconnaitre, les français sont assez indisciplinés par rapport aux asiatiques par exemple. Moi la première, ça me coûte qu’on me dicte comment je dois organiser ma vie. Dans nos sociétés occidentales, la liberté prime rapidement sur la solidarité. En tout cas, nous sommes beaucoup à avoir cette tendance à vouloir faire l’inverse de ce que l’on nous dit juste pour affirmer notre caractère et notre « je » indépendant ou bien à ne penser qu’à notre confort personnel et pas aux conséquences que nos actions peuvent avoir sur les autres. Résultat, l’actualité le montre. Il faut que les mesures pour endiguer le virus se durcissent pour que nous mettions finalement en place ce qui n’était que des conseils au début. Pourtant, les communautés religieuses montrent qu’il peut y avoir beaucoup d’amour et de respect dans l’obéissance. C’est justement ça qui nous permet de vivre en harmonie en société. Alors peut-être que ce temps peut nous faire grandir en obéissance aimante pour grandir en vivre ensemble.

7. Savourer la paix et notre confort de vie

Ma Grand-Mère disait que certaines mesures (de confinement, d’interdiction de circuler,…) et les conséquences (difficulté à se rationner,…) rappelaient la guerre. C’est vrai que beaucoup d’entre nous ne sont pas habitués à de telles mesures car depuis 75 ans en France nous savourons la paix… De manière générale, nous pouvons nous sentir invités à grandir en gratitude sur le confort de vie que nous avons en temps normal : la possibilité de voyager, de travailler, de consommer, d’avoir des relations sociales sans limites… Je vous renvoie à l’article « 35 raisons de dire ‘merci’ en une journée » sur tous ces petits détails du quotidien que nous ne valorisons pas assez. Rien n’est jamais aquis, c’est pour cela que tout doit être reçu comme un cadeau.

8. S’ouvrir à la transcendance

L’absence d’activité crée forcément un vide, et tout vide crée une soif. Peut-être pouvons-nous profiter de ce temps qui nous est donné, comme une retraite (…spirituelle ! Pas celle que souhaitait modifier la réforme 🙂 ) qui s’offre à nous pour que cet espace de réflexion, de méditation nous ouvre à un plus grand que nous. Profitons de ce temps de ralentissement ou d’arrêt pour retrouver le sens de l’essentiel, comme le président Macron lui-même nous y a invités ! Car après avoir reconnu l’étranger comme notre frère et nous-mêmes comme notre meilleur(e) ami(e), après avoir accepté avec humilité que certaines choses nous dépassent et sont hors de notre contrôle, peut-être pouvons-nous nous demander quel est le lien entre tout ça, s’il y a quelque chose, quelqu’Un de plus grand que nous qui nous a protégé jusque-là, a protégé nos proches, et nous guide à travers cette épreuve pour nous en faire ressortir grandis.

Conclusion

Finalement, nous sommes tous un peu poussés à faire un jeûne de quelque chose (jeûne de travail, de nourriture quand notre gâteau préféré n’était plus en rayon, de sorties culturelles…). Comme le dit le père Eric Morin, « le jeûne, c’est s’abstenir de choses nécessaires. Ces choses ne sont donc pas mauvaises car elles sont nécessaires. » Il explique que savoir s’abstenir permet de rester libre face à ces choses pour qu’elles ne se transforment pas en idoles. « Les idoles nous font croire qu’ ‘on ne peut pas faire autrement’. Elles se font prétendre indispensables. » Le jeûne nous invite donc à nous interroger sur « A quel moment c’est moi qui commande et à quel moment c’est XXX qui commande. » Puisse ce temps de recul nous permettre de nous interroger sur notre mode de vie car cette invitation à revenir à l’essentiel nous appelle à ne pas repartir de manière frénétique une fois la crise passée.

Pour aller plus loin dans le désir de trouver le positif dans cette situation et d’avoir la meilleure attitude possible pour vivre au mieux la crise, je vous renvoie à l’article « Face au virus de la peur » de Laurent Grzybowski, et « Coronavirus : le positif que nous allons en tirer » de Gaël Chatelain-Berry. Le premier évoque des conseils très concrets pour ne pas laisser la peur gagner du terrain et le deuxième évoque d’un point de vue de l’organisation sociétale les changements positifs que nous pourrions voir perdurer.

Et pour finir sur une touche d’humour : Astérix et Obélix ont bien gagné la course dans la BD de 2017 « Astérix et la Transitalique » contre le champion « Coronavirus. » presenté dans l’extrait ci-dessous. Alors nous aussi, en fiers descendants (de coeur !) de ces gaulois, nous vaincrons ce virus masqué 🙂

Voilà, cet article est fini. Et je vais de ce pas appliquer le conseil de Laurent et profiter de la présence de mes proches, tout simplement, et ne plus parler du virus pour ne pas laisser notre vie et toutes nos discussions tourner autour de lui. 🙂

Musique d'illustration : Allo le monde - Pauline

Crédit photo : 1/ Delfino Barboza. Edited 2/ loptimisme.com 3/ Ross Findon. Edited.

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2 Comments

  1. Ribambelle du 35

    25 mars 2020 at 6:35

    Belle réflexion ! Merci !

    1. Bienheureuse Vulnérabilité

      26 mars 2020 at 9:18

      De rien 🙂

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