A quoi ressemble la journée d’un(e) hypersensible ?

Parfois les personnes qui n’ont pas une forte sensibilité peuvent croire que les hypersensibles sont malheureux la plupart du temps car ils ont régulièrement des baisses de moral ou que l’intensité de celles-ci peuvent parfois franchement ressembler à une personne en dépression. Cet article est né du désir d’expliquer comment un hypersensible trouve son équilibre de vie… J’ai pris l’exemple d’une journée que j’ai vécue – très banale en soi – que j’avais choisie le matin sans absolument savoir à quoi m’attendre. Mais au final, cette journée est assez représentative d’un quotidien classique. (Pour le contexte, c’était une journée de cours durant ma dernière année de vie étudiante. Oui… il peu y avoir BEAUCOUP de temps entre l’écriture d’un article et sa publication). Petit aperçu :

7h20 : réveil grignouss. Nuit trop courte pour me sentir reposée. Je me sens encore un peu envahie par mes combats et questions existentielles de la veille. Le moral ne commence pas très haut avec une note de 4,5/10

9h : après ma morning routine et avoir écrit pendant 30min pour me clarifier les idées, je trouve un chemin de Vie et de progression alors qu’avant je me sentais enfermée par mes émotions, sans savoir comment me reconnecter à la source de joie. Ces pistes d’apprentissage qui s’ouvrent me remplissent de joie. Moral : 8/10

9h18 : musique péchue à fond dans les hauts parleurs. Il faut profiter de l’élan d’un sourire pour l’entretenir afin de le garder le plus longtemps possible ! Moral : 9,5/10 !

12h : je commence à avoir faim mais le cours me plait énormément. Moral : 9,5/10

12h15 : tension autour du gros projet sur lequel on travaille et dont l’événement de lancement est le lendemain. La réaction du chef de projet – anodine pour lui – à une de mes remarques me fait me sentir d’un coup profondément inutile. Ajoutée à la fatigue et à l’hypoglycémie qui pointe le bout de son nez, le moral chute en ½ seconde à 3/10

12h36 : je rentre chez moi. Le chef de projet est venue me voir et a pris le temps de me parler pour valoriser tout ce que j’apporte au projet. J’ai été bluffée qu’il soit ultra lucide par rapport à qui je suis. Je ne pensais pas que c’était possible d’avoir cette image là de moi. Je suis touchée qu’il prenne ce temps de surligner mes compétences. Mais je manque toujours d’énergie à cause de l’hypoglycémie. Moral : 5/10

12h55 : j’ai mangé et pris un instant d’introspection pour déposer toute ma matinée dans des mains qui ne sont plus les miennes. Moral : 7/10

15h38 : à nouveau plongée dans ce cours méga intéressant. Moral : 9/10

17h25 : le cours est fini. Je suis heureuse de ne pas avoir les neurones totalement grillés et de ne pas ressentir la fatigue malgré le fait que je sois sortie hier soir. Moral : 9/10

17h56 : alors que je restais travailler dans la classe, le chef de projet que je croyais rentré chez lui revient uniquement pour m’offrir une pâtisserie. Touchée par la chou-itude du geste attentionné, moral : 10/10 !

18h05 : je me rappelle que ce soir je dine avec un ami. Dans l’excitation de sa venue, le moral reste à 10/10.

18h50 : la fatigue se fait ressentir. Impatience d’attendre encore 1h10 pour manger (oui, vous l’aurez remarqué, l’hypersensibilité concerne également les sensations corporelles auxquelles nous avons une plus forte réaction). Moral : 7/10

19h47 : message de mon ami pour me dire qu’il arrive dans quelques minutes. Malgré le peu d’énergie, la joie est grande ! Moral : 8/10

22h03 : mon ami part. Encore un super moment de qualité à alterner entre discussions profondes, débats et blagues légères (ou lourdes ^^). Les trois facettes de ma personnalité ont pu s’exprimer (philosophe / enfantine / spirituelle), alors je suis comblée. Moral : 20/10 ! 😀

Je calcule la moyenne de mon amplitude émotionnelle de la journée. Résultat : 7,8. J’aurais dit pourtant que la moyenne de bonheur de ma journée se situait instinctivement entre 8 et 9. Finalement, ce deuxième résultat, qui reflète la manière dont je vois toute ma journée car c’est mon dernier sentiment avant de dormir, est plus proche de mon état et de mon énergie dans l’instant, plus que le reflet réel de ce que j’ai vécu. (D’où l’importance de s’endormir sur des ondes positives comme je donne une idée d’exercice dans cet article). C’est vrai que la particularité de cette journée est que la soirée m’a particulièrement ressourcée. Mais d’habitude, les personnes que je vois le soir me voient généralement dans une énergie moyenne à cause de la fatigue de la journée où j’ai été beaucoup stimulée (par mon environnement et mes émotions). Et donc je renvoie une image d’énergie médiocre, alors que mon psychisme a tout de même les effets bénéfiques des ressourcements des moments de grande joie.

Pour résumer : les hypersensibles ont une amplitude émotionnelle (c’est-à-dire des courbes émotionnelles) plus forte que la moyenne. L’objectif est bien sûr d’amoindrir au maximum les émotions négatives en prenant les moyens pour se guérir, pour gagner en estime de soi… Mais l’hypersensible a la capacité de se ressourcer dans des moments très furtifs du quotidien car il lui en faut très peu pour expérimenter une joie profonde. Et s’il a conscience de cette richesse, il refusera de renoncer à vivre les émotions plus désagréables et ces moments d’énergie moyenne car ça signifierait renoncer aux moments de joie qui sont le revers de la médaille. C’est donc juste un équilibre différent… 🙂

Musique d'illustration : Sensitivity - Alex Goot

Crédit photo : Luca Bravo. Edited

2 Comments

  1. a-lo

    11 février 2019 at 10:53

    Très intéressant et concret !
    Merci =)

    1. Bienheureuse Vulnérabilité

      15 février 2019 at 9:53

      Merci =]

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