2019, l’année des petits pas… ou comment changer avec douceur mais efficacité

Je n’ai pas l’habitude de prendre des résolutions en début d’année. Disons qu’après avoir essayé une année ou deux j’ai préféré arrêter de me mentir à moi-même en me laissant croire que je tiendrai quelque chose que je prends sans réelle convictions ou qui est beaucoup trop vague (et soyons honnêtes, je n’ai pas besoin de résolutions pour me sentir sous pression).

Mais cette année c’est différent : plutôt que de me fixer des objectifs généraux et inatteignables comme « me remettre au sport » (quoique pour se REmettre, il faudrait déjà s’y être mise une fois, ce qui n’est pas mon cas), je me suis créée la technique des petits pas. Un jour un ami m’avait dit « on peut aller très loin avec des petits pas ». Alors je me suis acheté deux carnets que je compte utiliser toute cette année (et plus si affinité) :

Une année pour développer la gratitude…

« Etre heureux, c’est arrêter de décider à quoi notre bonheur devrait ressembler pour accepter ce qui est là et ce qui vient. »

Anita Rossier

Le premier carnet est celui de la reconnaissance. Il a été prouvé scientifiquement (blabla tu connais la chanson) que dire trois choses pour lesquelles on était reconnaissant le soir avant de dormir permettait d’avoir un sommeil plus réparateur car on s’endort sur des ondes positives. Les dire, c’est bien, les écrire, c’est encore mieux ! Et pour que mon côté radical soit satisfait, car si c’est trop simple, ça ne m’intéresse pas, je me suis fixé qu’au cours de l’année je ne pourrais pas écrire deux fois la même chose. Pour le moment, on est en janvier donc je ne suis pas à cours d’idée. Mais on en reparlera dans six mois 😉 . Ça oblige à ne pas faire l’exercice de manière automatique sans vraiment y penser mais d’y réfléchir sincèrement.

Et je crois que les choses pour lesquelles nous pouvons être reconnaissants sont de trois types :

  • Externe général : quelque chose que l’on a de manière quotidienne (ex : un toit pour dormir, de quoi faire les courses sans trop avoir à regarder les prix, telle amitié qui nous tient à cœur,…)
  • Externe du jour : quelque chose qui s’est passé dans la journée (ex : un message reçu, un compliment,…)
  • Interne : une qualité, un don, une force que nous nous reconnaissons. Parce que nourrir la gratitude, c’est aussi savoir se réjouir de qui nous sommes !

Trop de fois nous nous concentrons sur ce que nous n’aimons pas en nous, sur ce qui n’a pas été dans la journée, les objectifs de vie non atteints, les choses que nous aimerions avoir et que nous n’avons pas… Sauf qu’écrire tous les jours pendant un an trois choses pour lesquelles nous nous sentons reconnaissants, donnera à la fin un trésor de 1 095 raisons de sourire ! Et essayer de vous plaindre ensuite quand vous avez autant de d’occasions de gratitude… ça n’est juste pas compatible.

Etre reconnaissant pour nos forces, pour les choses qui vont bien dans notre vie, ça n’est pas nier les choses qui vont moins bien, les aspects de nous que nous devons améliorer. C’est juste choisir l’endroit où nous fixons notre regard. C’est développer une énergie positive qui nous donnera ensuite, dans un second mouvement uniquement, la force de changer ce que nous souhaitons, la force d’affronter nos peurs par exemple. (Admirez la subtile transition ! =D )

…et affronter ses peurs

« La désobéissance la plus importante pour notre liberté, c’est la désobéissance par rapport à nos propres peurs, nos propres conditionnements. »

Ilios Kotsou

Le deuxième carnet que je me suis acheté a d’écrit sur la couverture « Ose vivre ta propre aventure». Et j’ai moi-même recopié deux versets de la Bible sur la première page : « Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse. » (2 Timothée 1, 7) et « Vous avez été rachetés à grand prix, ne devenez pas esclave des hommes. » (1 Corinthiens 7, 23). Car oui, un moment arrive, quand l’anxiété est trop forte, quand les stratégies d’évitement ou d’adaptation coûtent trop d’énergie, de se demander pour qui vivons-nous notre vie et ensuite de décider fermement d’être l’unique capitaine de notre âme et de ne plus laisser nos peurs (du regard des autres, de décevoir, d’échouer…) dicter notre conduite.

Dans ce carnet, j’ai écrit une peur en tête de chaque page. J’essaye d’en affronter une par jour (ou au moins ne rater aucune occasion d’oser, même si ça n’est pas chaque jour), et à la suite de la peur décrite, j’écris la situation dans laquelle je me suis dépassée. La description de la peur doit être la plus concrète possible pour repérer plus facilement les occasions où nous pouvons affronter cette peur… et voir qu’il ne se passe rien des conséquences catastrophiques que nous projetions ! Par exemple, « j’ai peur de laisser entrer quelqu’un chez moi si mon appartement/ma maison n’est pas parfaitement rangé(e) » ou « j’ai peur que si je ne réponds pas rapidement aux mails, je doive affronter une critique ». Les dépassements dans ces cas-là seraient « [DATE] j’ai invité un ami à manger alors que je n’avais pas fait mon ménage » ou « [DATE] J’ai répondu en 1 semaine à un mail non urgent alors que j’aurais pu le faire plus tôt. »

Et je crois qu’il est important de chercher plutôt une multitude de petites peurs, que d’en écrire trois grosses qui nous paraissent impossibles à surmonter comme « J’ai peur d’être abandonnée ». Le but étant tout de même que l’expression de la peur donne dans le même temps une manière de l’affronter qui soit réalisable.

N’ayons pas honte d’avouer nos peurs. Ilios Kotsou, dans sa conférence TEDx dont je vous avais parlé dans cet article disait « Petite peur, petit courage. Grande peur, grand courage. Pas de peur, pas de courage ». Tout le monde a des peurs. Pour pouvoir grandir, il faut déjà avoir l’humilité de se reconnaitre petit.

Je crois d’ailleurs que faire cet exercice a comme premier bénéfice de grandir en estime de soi. Au-delà des conséquences du geste (qui la majorité du temps seront positives), constater les ressources que nous avons et le grand courage dont nous faisons preuve donne déjà le sourire et fait grandir en confiance. Et si un jour, la conséquence négative que nous redoutions se passe réellement, j’ose croire que la fierté d’être sorti de sa zone de confort, la joie d’avoir grandi en estime de soi et la sérénité gagnée toutes ces fois où rien ne s’est passé, donnera la force nécessaire pour affronter la situation.

«  Oser être soi-même, c’est devenir suffisamment adulte pour libérer son enfant intérieur. »

Matthieu Lassagne

Je ferai certainement quelques bilans de ces petites initiatives tests au cours de l’année, comme là je vous partage les premières prémices après deux semaines. Mais j’ai confiance que ça portera du fruit, sans savoir lequel sera.

Dans le titre de l’article, je parlais de « petits pas ». Car oui, les deux idées plantées dans cet article n’ont rien d’extraordinaire, mais donne un cadre pour encourager à la persévérance. Les petits pas sont aussi un rappel de ceux que l’enfant fait avec confiance. Un enfant marche certainement moins vite, mais avec beaucoup plus d’assurance que nous les adultes.

Si vous aimez ces idées mais que vous avez une tendance perfectionniste qui vous souffle que c’est trop tard pour les mettre en place car l’année a déjà commencée, commencez au 1er février ! Mieux vaut 11 mois de faits, que 12 mois non faits. 🙂

Enfin, je vous souhaite à chacune et chacun une très belle année, remplie de petits pas, sur le chemin qui est le vôtre !

Musique d'illustration : Life - Beckah Shae

Crédit photo : 1. Nordwood Themes. 2. Aaron Burden

5 Comments

  1. Alexandrine

    13 janvier 2019 at 10:38

    Super!! les petits pas, ça me fait penser à ce texte : »L’art des petits pas » d’Antoine de Saint-Exupéry
    « Seigneur, apprends-moi l’art des petits pas.
    Je ne demande pas de miracles ni de visions,
    Mais je demande la force pour le quotidien !
    Rends-moi attentif et inventif pour saisir
    Au bon moment les connaissances et expériences
    Qui me touchent particulièrement.
    Affermis mes choix
    Dans la répartition de mon temps.
    Donne-moi de sentir ce qui est essentiel
    Et ce qui est secondaire.
    Je demande la force, la maîtrise de soi et la mesure,
    Que je ne me laisse pas emporter par la vie,
    Mais que j’organise avec sagesse
    Le déroulement de la journée.

    Aide-moi à faire face aussi bien que possible
    A l’immédiat et à reconnaître l’heure présente
    Comme la plus importante.
    Donne-moi de reconnaître avec lucidité
    Que la vie s’accompagne de difficultés, d’échecs,
    Qui sont occasions de croître et de mûrir.
    Fais de moi un homme capable de rejoindre
    Ceux qui gisent au fond.
    Donne-moi non pas ce que je souhaite,
    Mais ce dont j’ai besoin.
    Apprends-moi l’art des petits pas ! »

    1. a-lo

      15 janvier 2019 at 1:36

      Un petit pas pour toi, un grand pas pour ta foi !

      1. Bienheureuse Vulnérabilité

        17 janvier 2019 at 2:49

        =]

    2. Bienheureuse Vulnérabilité

      17 janvier 2019 at 2:50

      C’est un texte absolument magnifique ! Merci pour le partage !!

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