Comment ne plus mettre de condition à l’amour ?

Peut-être faites-vous partie des personnes qui se sentent aimées « sous-condition » : si je suis l’ainé(e) responsable, si j’ai des bonnes notes, si j’ai un travail prestigieux, si j’ai tel trait de caractère, si je suis plus ci ou moins ça, si je fais les choses mieux,… alors je serais aimé(e). Ce mensonge s’est petit à petit immiscé dans nos esprits par des situations vécues dont nous nous sentons victimes, sans réaliser peut-être que les personnes qui ont permis de créer ce mensonge ont leurs propres histoires, propres blessures, propres péchés.

La première étape est alors de prendre conscience de notre responsabilité dans l’acceptation de ce mensonge. Car souvent, même si la situation d’amour conditionné est passée (amitié toxique, harcèlement moral…), nous continuons nous-mêmes des années après, à nous répéter ce mensonge et à alimenter cet amour conditionné envers nous-mêmes, par exemple en cherchant à être quelqu’un d’autre, en luttant contre des parties de nous que nous n’aimons pas pour les changer immédiatement,… Et cet amour conditionné envers nous-même se répercute sur les autres. Sans le vouloir, et avec les meilleures intentions du monde, la dureté dont nous faisons preuve envers nous-même pour « rectifier » ce que l’on croit qui doit l’être chez nous, s’étend également aux autres. Il n’y a qu’une porte à l’amour entrant et sortant. Ça n’est pas pour rien que je crois profondément que grandir en bienveillance envers les autres fait grandir en douceur envers soi, et réciproquement. Faire sentir aux autres qu’ils sont aimés inconditionnellement aura la conséquence bénéfique de guérir votre propre cœur, car vous serez plus à même de vous aimez vous-même et recevoir l’amour exprimé par les autres à votre égard.

Alors comment casser ce cercle vicieux ? Une petite idée toute simple :
Parfois, on croit que commencer une phrase par « je t’aime… » rendra la suite « mais… tu ne sais pas faire ci, tu as mal fait ça… » plus douce. Or, quoi de plus dur que de mettre une limite à cet amour ? Parce que cette limite se transformera inconsciemment en condition : « si je fais mieux, si je fais plus, je serais plus aimé/je ne décevrai pas l’autre ».

Et comme je crois que la parole façonne la pensée et réciproquement, comme j’en parlais dans cet article, je crois donc qu’il est fondamental de ne jamais faire suivre un « je t’aime » d’un « mais », pour ne plus soumettre l’amour à une condition ou lui mettre une limite. Ça ne veut pourtant pas dire que l’on n’a plus le droit de notifier à l’autre qu’il a des choses qu’il peut améliorer ! Ne devenons pas hypocrites. Restons vrai, avec amour ! Pour cela, il suffit juste d’inverser le sens de la phrase. Expliquer à la personne ce que vous attendiez (en parlant au « je » et non au « tu », mais nous y reviendrons), et lui rappeler après que vous l’aimez : « Même si cette tâche n’est pas faite comme je l’attendais, je t’aime » ou « C’est vrai que j’aurais aimé que ceci soit fait autrement, mais je t’aime. » Un simple détail qui change tout ! Et puis, psychologiquement on reste plus sur la note finale, qui est le plus important du message, non ? 🙂

J’admets que c’était une introduction bien longue pour un exercice tout simple mais je vous souhaite qu’il porte du fruit si vous le mettez en pratique !

Musique d'illustration : Unconditionally - Katy Perry

Crédit photo : Sharon Mccutcheon. Edited.

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