Comment j’ai réduit de moitié ma consommation de smartphone (2/2)

Dans ce premier article, je te donnais déjà plein de conseils pour réduire ta consommation de téléphone au cas où il y a des choses que je faisais déjà avant l’expérimentation qui va suivre qui peuvent déjà t’intéresser à mettre en place. Dans cet article, je te partage que malgré une utilisation moyenne du téléphone, j’ai tout de même fait un constat qui m’a dérangé, ce qui a été le point de départ d’un plan d’action un peu malgré moi, mais dont j’ai été très satisfaite.

Constat : je sens que ma manière d’utiliser mon temps ne correspond pas à ce à quoi j’aspire

J’en étais donc au point que je vous partageais dans l’article précédent, et puis il y a eu le confinement de Mars 2020. Et alors que je travaillais à mi-temps, j’avais l’impression qu’une fois mon temps de travail passé, je ne faisais rien du reste de ma journée. Ça n’est pas une question de rentabiliser absolument le temps mais juste vivre une journée qui soit alignée avec ce à quoi j’aspire. Je suis tombée par hasard sur la vidéo de Cyrus North « Comment ne pas être accro à son smartphone ? (et pourquoi l’est-on ?) ». En même temps qu’il réfléchit à son propre rapport au téléphone en parlant même d’addiction, il invite le visionneur à faire de même et finit par présenter des applications pour mesurer le temps passé sur le téléphone.

Mine de rien, ce qu’il faut réaliser c’est que si on passe 1h par jour (ce qui arrive vite même avec un usage concis du téléphone !), cela veut dire qu’au bout de 24 jours, on aura passé l’équivalent d’un jour entier sur son téléphone et au bout d’un an, deux semaines entières ! (15,3 jours) C’est énorme…

Comme il dit très bien, une fois qu’on se rend compte de ce temps, la question est juste d’être oké avec l’information ou faire ce qu’il faut si ça ne nous correspond pas. Même si je ne me reconnaissais pas dans toutes les questions d’addictions, la vidéo a tout de même attisée ma curiosité et j’ai eu envie de savoir combien de temps je passais sur le téléphone. J’ai téléchargé l’application sans aucun autre objectif que celui-ci. C’est seulement après où je me suis prise au jeu de chercher à améliorer les indicateurs. (Je n’ai pas trouvé l’application exacte qu’il évoquait mais j’en ai téléchargée une autre dont je suis très satisfaite : « YourHour : Votre temps entre vos mains ». Application gratuite financée à base de pubs assez discrètes je trouve.). (Lien de téléchargement Au fait, je ne tire aucune contrepartie financière, ni pour l’application Signal, ni pour l’application YourHour. 😉 )

Verdict : Niveau de dépendance « Habituel » (entre 2h30 et 3h30)

Quand on ouvre l’application, on a accès aux informations des 7 derniers jours avant le téléchargement de l’application. Il ressort alors que j’utilise en moyenne le téléphone 3h13 par jour grâce à 109 déverrouillages. Mon « Niveau de dépendance » est donc « Habituel : Votre téléphone est votre compagnon quotidien et est devenu votre habitude. Vous ne pouvez toujours pas vous en passer un seul jour ! »

Les niveaux étant : Champion (moins d’1h), Réaliser (1h-2h30), Habituel (2h30-3h30), Dépendant (3h30-4h30), Obsédé (4h30-5h30), Intoxiqué (plus de 5h30).

YourHour : les fonctionnalités que j’aime bien

Sans forcément tout détailler, je liste les informations/fonctionnalités que je trouve intéressantes :

  • Les deux fonctions principales : le nombre de minutes d’utilisation par jour ainsi que le nombre de déverrouillages. Je pense que ce deuxième chiffre indique un peu la compulsivité de l’utilisation. Si on l’utilise un temps raisonnable mais qu’il y a beaucoup de déverrouillages, peut-être que y a des fois où l’on regarde le téléphone qui ne sont pas indispensables, mais juste « comme ça »…
  • L’évolution en pourcentage de ces deux informations d’un jour à l’autre
  • La fixation d’un objectif pour ces deux indicateurs. Si l’objectif maximum qu’on peut se fixer pour le déverrouillage du mobile est de 100 par jour (ce qui m’a paru peu au vu de ma propre utilisation), on peut fixer un objectif d’utilisation jusque 7h. Le rapport journalier de l’utilisation du téléphone se fait donc toujours par rapport à l’objectif.
  • Le détail par heure des applications utilisées
  • La « minuterie flottante » pour chaque application qui permet de voir en temps réel le temps qui s’écoule pendant que l’on utilise l’application
  • La possibilité de se fixer un objectif d’utilisation de chaque application
  • Les challenges : l’application propose des challenges standards (tout de même en fonction de notre propre utilisation) mais on peut aussi soi-même créer n’importe quel challenge. Il y en a de deux catégories : les « régimes » et les « jeûnes ». Les régimes invitent à avoir un temps d’utilisation d’une certaine application limité dans les prochaines 24h (ex : pas plus de 20min d’internet) et les jeûnes invitent à ne pas du tout utiliser une application pour un temps donné (ex : pas de YouTube pendant 8h) jusqu’au jeûne complet du téléphone.
  • Les badges : petit à petit on acquiert des badges grâce aux challenges réussis, aux nombres de jours consécutifs où l’on atteint l’objectif,…
  • L’utilisation moyenne du téléphone des 7 derniers jours VS l’utilisation moyenne des 7 premiers jours d’utilisation du téléphone au moment du téléchargement de l’application (avec le pourcentage de variation)
  • Le classement des applications les plus utilisées (en temps) et les plus visitées (en nombre de fois) (moyenne sur les 7 derniers jours)
  • L’utilisation quotidienne moyenne du téléphone en semaine et le weekend
  • Les petites citations ou « Le sais-tu ? » qui apparaissent parfois et sont d’un style motivationnel.
  • Bien que je ne l’ai jamais utilisé, je sais qu’il y a tout un système pour bloquer une application ou le téléphone une fois les objectifs atteints

De manière générale l’application est très graphique et bien pensée en terme d’organisation de l’information.

Les bémols :

  • ça m’a bien pris 30/45min pour comprendre comment fonctionne l’application, découvrir ses fonctionnalités et la paramétrer de telle sorte à qu’elle m’aide à aller dans la direction que je souhaite et non à me sentir fliquée ou me donner l’impression que je joue contre la montre quand j’écris un brouillon de blog par exemple.
  • L’option « No Phone challenge » qui consiste à ne pas utiliser son téléphone pour autre chose que recevoir/passer des appels consomme plus de la batterie que si je me contentais de ne pas toucher pas au tel pendant X heures car l’application reste ouverte.

L’inconvénient : l’application originale étant en anglais et mon téléphone étant réglé en espagnol, j’ai eu beau sélectionner le français comme langue de l’application, le résultat donne un mix des trois langues. Il serait intéressant de voir le résultat sur un téléphone français…

Bilan au bout de 10 jours

1. Etre honnête avec soi

Le premier avantage a été de pouvoir être honnête avec soi en réalisant le temps d’usage. J’avais beau avoir l’impression de ne pas avoir un smartphone mais un téléphone, je constate qu’un emploi du temps sans horaire très fixe n’est pas bon pour l’usage du téléphone. 20 minutes par ci, 20 minutes par là, ça ne semble pas beaucoup, mais à la fin de la journée ça chiffre. Sans l’appli, on peut fermer les yeux. Là, la prise de conscience est violente. Je peux toujours nuancer avec le temps que je passe à écrire mes brouillons d’articles dont la trame est majoritairement écrite sur le téléphone car les idées qui veulent débarquer dans ma tête ne s’assurent pas avant que j’ai un ordinateur à portée de main, mais tout de même. Moi qui n’aime pas avoir des conversations par message et préfère appeler, toutes ces petites minutes cumulées à écrire quand même quelques messages d’anecdotes envoyées à mes proches, à la fin de la journée ça fait bien 30 minutes !

Le désir de changement est surtout arrivé par rapport à Youtube. Autant le reste j’étais globalement ok avec mon utilisation, autant là je savais que je franchissais clairement la limite entre détente, grâce à une vidéo pour me changer les idées ou rigoler un peu, et perte de temps. Non, je n’ai pas besoin de regarder une troisième vidéo, même de 5 minutes, de militaires faisant un retour surprise à un membre de leur famille, de lapins adoptés par des chiens, ou encore plus long, de développement personnel ou concept qui se veut humoristique mais qui, soyons honnête, n’a pas vraiment d’utilité publique et n’est au fond pas si drôle que ça. J’ai donc continué à regarder des vidéos (avec un objectif de 40 min max par jour) mais l’horloge flottante était là pour me rappeler que non, quand tu regardes une vidéo, le temps ne s’arrête pas, et oui, ça n’a beau être que la deuxième fois que tu rentres dans l’application, tu as déjà consommé 35min de ton forfait journalier alors oust.

Mon utilisation au bout de 13 jours: consommation réduite de 63%

2. Faire une chose à la fois ou faire grandir le silence

Le deuxième chose à laquelle j’ai été encouragée a été de faire encore plus une chose à la fois. J’aime bien accompagner certains temps de musique ou de vidéos (repas,…) et là, comme le comptage du nombre de déverrouillage par jour dissuade de toucher le téléphone, on y réfléchit à deux fois avant de le déverrouiller devant un film ou pendant un repas seul(e) par exemple pour se concentrer sur la chose qu’on fait déjà à l’instant T. Idem pour le fait d’accepter qu’il y ait du silence parfois et ne pas mettre systématiquement de la musique. J’avais déjà bien progressé ces dernières années dans l’apprivoisement du silence mais on peut toujours faire un pas de plus.

3. Investir son temps dans la création plutôt que la consommation

Au final, au bout de 10 jours seulement, je suis passée à une moyenne sur les 7 derniers jours de 2h22 d’utilisation bien que clairement Youtube est encore bien présent pendant 1h. J’ai même pas fait beaucoup d’effort. C’est juste la prise de conscience et éviter de franchir la ligne entre « utilité » (la détente étant utile) et « perte de temps« . Ce sont plein de minutes grappillées par ci par là sans même trop faire attention. Le côté un peu motivant des badges ou challenges aide également. Au fond avec le téléphone, on est passif, on est dans de la consommation. Et j’avais besoin de récupérer du temps pour de la création, notamment pour le blog ou d’autres projets.

Passer de la consommation à la création est vraiment une clé pour se sentir entrepreneur(e) de sa vie et de son bonheur.

Car oui, c’est sympa de regarder des articles sur ce que font les autres, des vidéos de créations de contenu d’autres personnes… mais si on acceptait d’investir (son temps) sur soi, qu’est-ce que ça donnerait ? On se rendrait alors compte qu’on a plein de talents qui ne demandent qu’à se déployer. Mais quelque part, la consommation de tout ce contenu, de toutes ces informations et donc la dépense de tout ce temps nécessaire à cette consommation est la fuite parfaite pour croire que les ressources qui nous rendent heureuses sont à l’extérieur et non en nous. Passe du côté lumineux de la force ! Passe du côté de ceux qui créent plus qu’ils ne consomment. Sois, surtout, de ceux qui créent la vie qu’ils souhaitent, la vie qui leur ressemble. Et tu constateras alors l’ampleur des talents que tu as été capable de mobiliser sur ce chemin. On est parti d’un simple téléphone, et on en arrive presque à des questions de confiance en soi. 🙂

Musique d'illustration : Blutotooth - La chanson du dimanche

Crédit photo : 1/ Rodion Kutsaev. Edited.

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2 Comments

  1. Ch'tite Breizh

    22 novembre 2020 at 7:44

    Alala cette fameuse question du téléphone….et du temps qu’on y passe! Perso moi ce serait plutôt l’ordi mais parfois quand je me dis qu’il faudrait que je diminue mon temps passé devant un écran mais honnêtement je ne sais pas bien ce que je ferais de plus sur ces temps libérés par les écrans et c’est bien triste à dire!

    1. Bienheureuse Vulnérabilité

      22 novembre 2020 at 8:50

      Je trouve l’ordi plus facile à gérer car y a un peu le côté « flemme de l’allumer » ou alors la conscience que ça n’est pas écologique de l’allumer pour peu de choses…
      J’avoue que ces temps-ci sont compliqués à remplir mais le vide appelle toujours la creativité. 🙂

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