La vulnérabilité de l’écriture

Comme « Le mail de la honte » que je vous avais partagé, m’a donné la liberté d’être un peu plus moi-même, ce texte écrit avant l’ouverture du blog, m’avait aidé à trouver le courage de me lancer. Aujourd’hui, le blog a 1 an. Petit bébé qui a encore tout à apprendre et bien besoin de grandir ! Mais pour fêter cette année passée, je voulais vous partager ce texte pour ceux qui, comme moi, sont amoureux des mots, malgré la vulnérabilité qu’ils créent.

Une citation qui me porte beaucoup est « Les paroles partent, les écrits restent ». C’est ce mantra qui me pousse au maximum à transmettre mes compliments par écrit plutôt qu’à l’oral.

Pour moi, un écrit est forcément pensé, posé. La personne a pris le temps d’y réfléchir. Ça n’est pas un « je t’aime » dit à la va vite sans vraiment y penser. Les mots sur le papier peuvent plus facilement tracer les lignes d’un sentiment profond. Ils donnent à lire une pensée complexe dans une clarté éblouissante. L’écriture a le pouvoir de faire resurgir l’intensité d’un sentiment d’un instant, des mois voire des années après.

Ecrire, c’est un cadeau fait à l’autre. Qu’il peut garder, prendre soin, conserver précieusement… ou déchirer, critiquer preuve à l’appui, montrer à d’autres en se moquant.

Et là se trouve toute la vulnérabilité de l’écriture. Ecrire c’est poser ce que l’on porte, parfois depuis des années. C’est parfois partager ce qui n’a jamais été dit.

Alors de cette vulnérabilité connue, des peurs jaillissent en amont. La première peur est bien sûr celle de la page blanche, que les mots ne reflètent pas exactement ma pensée. La peur de se tromper, de tirer des généralités de quelques expériences vécues, que le lecteur me réduise à mes mots. La peur d’être illégitime pour dire ce que je souhaite partager, la peur qu’on me reproche ma jeunesse… « Comment peut-elle croire qu’elle puisse partager ce que la vie lui a appris à son âge ? ». Mais en même temps, on sera toujours le plus jeune de quelqu’un, non ? Ecrire, c’est ouvrir la possibilité d’être contredit, de voir son propos déformé, de réaliser qu’on a blessé…

Quand on met une partie de son cœur sur le papier, si le papier est rejeté, il est si dur de ne pas le prendre personnellement. Mais croire que la vulnérabilité est un trésor, c’est prendre toutes ces peurs à bras le corps et leur rétorquer qu’elles n’auront pas raison de mes mots. C’est avoir la conviction que du partage de mes maux, sortira quelque chose de beau.

Musique d'illustration : Je m'écris - Grand corps malade, Kery James, Zaho

Crédit photo : Jakob Owens. Edited

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3 Comments

  1. Ch'tite Breizh

    29 avril 2019 at 6:34

    Parce que je partage avec toi le fond de la pensée de cet article, que pour moi l’écriture est salvatrice et que j’ai un profond amour pour les mots qu’il faut manier avec précision et délicatesse, j’ai bien envie de te partager une citation de mon auteur préféré, Pierre Bottero.
    « Ecrire.
    Non pas une lettre, ni même un journal intime.
    Non. Simplement écrire. Comme on respire.
    Pour vivre. « 

    1. Ch'tite Breizh

      29 avril 2019 at 6:35

      Et je rajouterais que  » Les mots sont des armes, les mots sont des dons, les mots ne se gaspillent pas.  »
      (je trouve que ça me correspond bien en plus! 😉 )

      1. Bienheureuse Vulnérabilité

        30 avril 2019 at 11:39

        Merci pour ces deux très beaux commentaires !! Ils sont très joliment tournés 🙂

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