Recette d’un amour qui dure

C’était un soir de Mai, en pleine discussion avec ma grand-mère maternelle, que j’ai entendu pour la première fois ces trois mots qui résonnaient pour elle comme une formule magique. Une recette de bonheur. La solution miracle pour qu’un couple dure toute une vie.

Alors non, malheureusement, dans la réalité, il n’y a pas de recette magique pour qu’une relation de couple, qui plus est, le mariage, dure toute la vie. Mais ces trois mots m’ont poussée à réfléchir, d’autant plus qu’ils provenaient d’une personne dont la relation de couple a toujours été un modèle pour moi.

Don, pardon, abandon.

Ma grand-mère ce n’est pas Super Woman (peut-être un peu quand même, mais chut !), toutefois il y a une chose parmi d’autres que j’admire chez elle et qui pour moi est un exemple : ce sont ses noces de diamant fêtées il y a cinq ans, avec son premier copain et unique mari. (Et si vous n’avez pas révisé votre leçon, les noces de diamant fêtent les 60 ans de mariage).

Revenons sur ces trois mots : Ma grand-mère m’expliquait que quand on est jeune, on se marie avec une image. On se marie avec la personne que l’on pense connaitre, parfois même, nos propres projections sur l’être aimé. Du coup tout est beau, nous sommes dans le don de soi. On s’aime et on ressent une force capable de nous faire faire beaucoup (parfois bôôôôcoup) de concessions. Bref, tout est merveilleux (généralement c’est à cette étape que les comédies niaiseuses américaines s’arrêtent), mais après ?

Ensuite vient le pardon. Le par-don. Par-dessus le don. Quand on se rend compte que la personne que l’on croyait connaitre n’est finalement pas si parfaite que vous le pensiez. Car jusqu’à présent vous pensiez que « Oui il a ses défauts, mais il est parfait pour moi alors c’est le principal, non ?! ». Et c’est là qu’arrive l’importance du pardon. Pardonner à l’autre de ne pas être celui que vous aimeriez qu’il soit. Pardonner au moment où vous découvrez que même pour vous, il n’est plus si parfait que ça. Un pardon inconditionnel, dur, mais qui libère.

Et enfin vient l’abandon. La confiance en l’autre. Savoir que justement vous ne savez pas de quoi est fait demain, mais que vous faites confiance. En vous, en votre couple (et en Dieu pour les croyants).

Finalement, cette formule ne me paraissait plus si magique !

Et puis je me rappelle que la vie de mes grands-parents n’a pas été un long fleuve tranquille. Eux aussi ont connu des épreuves, comme tous les couples : expatriation forcée, infidélité (qui parlait de pardon inconditionnel ?), disparition du sentiment amoureux, maladie… Et à les voir aujourd’hui, heureux et amoureux, je peux affirmer que : Ouuiiii une histoire peut durer toute la vie, mais ça a un prix, le prix de la persévérance, pour un bonheur plus grand. Finalement l’amour est un art… martial. Un art, qui le devient grâce (ou à cause) du combat que le couple mène.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Croyez-vous que l’amour peut durer toute la vie ?

Musique d'illustration : La Tendresse - Bourvil

Crédit photo : Lotte Meijer.

8 Comments

  1. Ribambelle

    26 mai 2018 at 10:07

    Chapeau la conclusion : l’art martial… Mais je te rassure, ça tend vers l’adoucissement !

    1. Bienheureuse Vulnérabilité

      28 mai 2018 at 8:34

      Bonne nouvelle alors 😉

  2. Ch'tite Breizh

    25 mai 2018 at 6:14

    60 ans de mariage… Mais il se sont mariés à quel âge?!
    Très belle formule magique en tout cas 🙂

    1. Bienheureuse Vulnérabilité

      26 mai 2018 at 8:18

      Mes compétences mathématiquesques diraient environ 21 ans 🙂 (vu que cette année ça fait 65 ans et qu’ils ont 86 ans…)

  3. Grâce-No

    24 mai 2018 at 7:45

    Oui,j’y crois. J’ai aussi eu l’occasion de rencontrer des couples de personnes âgées débordantes d’amour. On se rend vite compte que l’amour que l’on revendique aujourd’hui vouloir nécessite de se donner totalement. Mais hélas, nous sommes une génération micro-onde.

    1. Bienheureuse Vulnérabilité

      25 mai 2018 at 1:53

      Je ne connaissais pas cette métaphore pour – j’imagine – le mode de vie « tout tout de suite ». Ça me rappelle une image d’une personne agée qui expliquait à sa petite fille qui souhaitait comprendre comment elle faisait pour être encore mariée que « avant, uand qqchose était cassé, on ne le jettait pas, on le réparait ».

  4. A-lo

    24 mai 2018 at 5:31

    Très bel article, la continuité de la musique de Bourvil lui donne encore plus sens =)

    1. Bienheureuse Vulnérabilité

      25 mai 2018 at 1:55

      Oui j’ai choisi cette musique car elle a été chantée aux 50 ans de mariage de ces mêmes grands parents dont je parle dans l’article. C’était il y a (déjà !) 15 ans, et c’est toujours autant d’actualité 🙂

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