Lettre pour le moment présent

Dans cet article, je faisais allusion à cette lettre. Aujourd’hui, je vous la partage. Elle a pour expéditeur et destinataire : soi, avec pour seule consigne de la lire pendant un moment présent. Elle fait partie des outils que je me suis créé pour gérer mon hypersensibilité. Elle est née du désir de souligner le positif de chaque émotion pour l’accepter plus facilement. J’ai hésité à enlever certaines parties pour que plus de personnes puissent se sentir rejointes. Et finalement, j’ai décidé que ça enlèverait toute sa profondeur et toute sa raison d’être. Alors voilà un partage… au naturel ! PS: Dans cet article, le féminin l’emporte sur le masculin. 🙂

Qu’importe l’émotion que tu ressens, accueille là. C’est une vague. Une vague qui veut te faire passer un message. Mais une vague qui passera. Et quand elle sera passée, il ne restera plus que toi, car ton émotion n’est pas toi.

Si tu ressens une injustice, rends grâce de te préoccuper que ce monde soit plus juste. Et n’oublie pas qu’un jour justice sera faite, mais non pas à la manière des hommes, car ils ne peuvent pas tout connaitre du cœur de leurs semblables.

Si tu souffres n’oublie pas que ta souffrance, comme tes blessures, contient un trésor. Trouve-le. Mais prends le temps qu’il faudra pour ça. Donne-toi ce droit-là. Il est légitime et personne ne peut te le reprocher. Pendant ce temps, refuse la pensée que Dieu a un quelconque rapport avec ton épreuve. Ça n’est pas parce qu’il peut l’utiliser pour ton bien qu’Il l’a voulue.

Si tu te sens dépassée par les événements, raccroche-toi à l’essentiel : tout ce monde passera, sauf l’amour porté à Dieu, à toi-même et aux autres. Personne n’est parfait, personne n’atteint tous les objectifs qu’il s’était fixés, et ça n’est pas grave. L’acceptation de tes limites portera plus de fruits que de répondre à une exigence excessive, et te permettra en même temps de tenir dans la durée. Relativise l’importance de ton action. Elle n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan. Pour t’y aider, regarde le monde à l’échelle de Dieu. Préserver ton cœur et la vie en toi sont donc plus importants que de remplir les exigences de ce monde. Un cœur agité tente de se débattre dans un monde sans Dieu et ne rend pas compte de la Vérité. Alors qu’un cœur paisible transmet le message que Quelqu’un prend soin de ce monde.

Si le doute t’étreint ou te paralyse, avance d’un pas. Seulement d’un pas. C’est tout ce qui t’est demandé. Regarde ta vie et rappelle-toi des promesses de ton Dieu. Ta vie ne sera pas parfaite. Tu tenteras des choses qui ne deviendront pas ce que tu imaginais. Mais si à chaque instant tu prends plaisir à faire ce que tu fais, le résultat ne compte pas. Tu apprendras de tout. Et en regardant dans le rétroviseur plus tard, comme tu le fais aujourd’hui, tu constateras qu’une main invisible t’auras toujours guidée, et que tout concourt à te rendre plus libre, plus aimante, plus vivante. Alors juste aujourd’hui, garde tes yeux sur Jésus.

Si le temps est pour toi un poids, remémore-toi que dans ta vie, chaque chose est toujours arrivée au bon moment, et même plus que tu n’espérais. Sois amie avec le temps. Il ne te veut pas de mal, il ne fait que passer, et contient un pouvoir guérisseur et d’apprentissage.

Si tu es à bout de souffle, si la fatigue te pèse, peut-être est-ce un signal pour que ce présent devienne un temps pour prendre soin de toi. Accepte avec joie tes limites, elles te rappellent de rester à ta juste place, de ne pas te prendre pour Dieu, mais de lui remettre, à Lui, tout ce qui compte pour toi. Embrasse ta condition humaine avec sérénité. Et rappelle-toi qu’il ne t’est demandé rien d’autre que de te laisser aimer et d’aimer. Ta fragilité et tes imperfections te gardent humble.

Si tu es en paix, chérie là. Profites-en pour prendre soin de toi, en te remémorant tous les dons du Seigneur et la tendresse de Dieu pour toi. Ainsi ta paix s’approfondira.

Si tu ressens une joie intense, empresse-toi de la partager. Mais ne la regrette pas quand tu vivras une autre émotion. C’est un cadeau de ressentir une joie intense, il ne faut pas le refuser, même après coup.

La déception t’apprend l’adaptation. La peur te donne l’opportunité d’agrandir la liste de choses dont tu te crois capable.

Ne laisse jamais le pouvoir aux autres de définir ta valeur. C’est Dieu qui te la donne. Chacun a ses goûts, sa manière de voir le monde, ses propres référentiels. Il y a trop de choses personnelles pour penser que l’avis de l’autre sur toi peut être objectif. Alors ne prends rien personnellement.

N’oublie pas que chaque personne est capable du pire et du meilleur. Les autres, comme toi. Continue de voir le meilleur dans les autres, qu’importe ce qu’il se passe. S’ils te blessent, juge l’acte. Reconnais que la personne n’a pas agi en enfant de Dieu mais ne prends jamais sur toi une faute qui n’est pas la tienne. Et ressentir quelque chose n’est pas une faute. Accepte ton émotion mais ne retiens aucune dette. Tout le monde fait des erreurs. Tout le monde est pécheur.

Mais si c’est toi qui plies sous le poids de ton péché, ne le laisse pas prendre plus d’ampleur qu’il n’en a. Ne garde pas les yeux fixés sur lui au point de te faire oublier que tu es déjà pardonnée. Relève la tête et va de l’avant, comme celle qui sait qu’elle est libérée de ce poids, car Quelqu’un l’a déjà porté à sa place. Refuse l’autodestruction. Mais empresse-toi de demander pardon. A toi, aux autres. Pardon aux autres de peut-être parfois manquer de patience. Pardon à toi-même de ne pas t’accepter telle que tu es : une fille certes imparfaite mais qui reste une merveille aux yeux de Dieu, une pécheresse pardonnée. Le passé est le passé, aussi proche soit-il. Plonge-toi dans la Miséricorde de Dieu qui a déjà éloigné ton pêché de toi aussi loin qu’est l’Orient de l’Occident.

Chérie ta vie. Chérie qui tu es : un magnifique vase d’argile brisé dont le Seigneur a besoin pour répandre sa grâce. Chérie la vie que tu mènes, telle qu’elle est. Chérie la vie en toi, à l’intérieur de tes limites, ce souffle qui te fait vivre et qui te fait tenir sur le long terme.

Mais plus que tout, n’oublie pas que tu es belle. Tu es belle, car tu es aimée. Aimée par Celui qui tient le monde dans sa main et qui a créé les étoiles pour briller dans la nuit. Aimée par Celui qui a donné sa vie pour que tu sois sauvée et passe l’Eternité avec lui. Aimée par Celui qui a le pouvoir de guérir les malades, de ressusciter les morts, de réparer ce qui a été brisé et de recréer la vie en toi chaque jour. Alors sois douce avec toi-même, tout particulièrement dans la tristesse ou l’angoisse, car Lui l’est avec toi, et tout particulièrement dans ces moments-là.

La vie n’est pas faite que de hauts ou que de bas. Accepte de vivre ce que tu vis à cet instant.  Vis dans la réalité. Vis ce moment. Vis maintenant. VIS.

Musique d'illustration : Vivre Maintenant - Akhenaton

Crédits photos : 1. Christopher Sardegna. Edited 2. Artem Bali 3. Simon Maage

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