Le fil si mince de la vie – Appel à compter les miracles !

Le 6 août dernier, un membre de ma famille s’est suicidé. C’est le deuxième d’une fratrie de trois à passer à l’acte. Il laisse deux enfants derrière lui. C’est une tragédie qui m’a vraiment touchée, même si je ne connaissais pas l’homme personnellement. Ça m’a touchée surtout par profonde compassion pour ses parents, pour qui j’ai beaucoup d’affection, et pour ses filles, qui ont presque mon âge (le phénomène d’identification saisit…). Ça m’a touchée aussi bien sûr pour mon père qui le connaissait bien. Je ne souhaite à personne de vivre ce que les parents et enfants de cet homme vivent à l’heure actuelle. Autant croyant que l’on peut être, ce genre d’évènement transperce le cœur d’incompréhension. Je ne préfère pas prétendre réussir à poser des mots sur cet évènement alors je vais m’arrêter là, tentant au maximum de respecter l’expérience singulière de ceux qui sont passés par là.

Cet évènement fait écho au suicide il y a 2 ou 3 ans du témoin de mariage de mes parents. Les histoires ont quelques similarités de par les caractéristiques des deux hommes : même âge, divorcé, avec enfants. Mais pour 2 tragédies, combien de miracles dans mon entourage ?

Je pense que ces histoires peuvent faire poser la question à tous les autres, ceux qui ont encore la grâce d’avoir leurs deux parents vivants et tous leurs enfants : aie-je conscience du miracle de la vie ? Trop souvent, nous nous concentrons sur les problèmes ou les souffrances que nous avons, mais avons-nous conscience de tout ce à quoi la Vie nous a permis d’échapper ? Pour un événement douloureux, combien de miracles ont eu lieu dans nos vies d’une discrétion indécelable ? Le sujet de cet article n’est pas de nier les souffrances de la vie de chacun. Oui, ne pas avoir eu le job de ses rêves, c’est douloureux. Oui, accompagner quelqu’un dans la maladie, c’est douloureux. Oui, devoir quitter un lieu où l’on aurait aimer demeurer, c’est douloureux. Oui, voir quelqu’un que l’on aime se faire du mal, c’est douloureux. Mais ne nous laissons pas obnubiler par ces souffrances, et  comptons les miracles qui rayonnent en orbite autour d’elles… Tentons d’ouvrir les yeux sur toutes les bénédictions de notre vie : ce temps donné avec une personne mourante pour se dire au revoir plutôt que le départ soit brutal, la naissance d’un enfant en bonne santé, la réconciliation avec un être cher ou qui nous était proche par le passé, chacune des vies de ces amis et famille que nous comptons encore à nos côtés…

Compte le nombre de miracles de ta vie, le nombre de personnes qui ont parsemé ton chemin pour te guider, t’aimer. Ne laissons pas ces épreuves, ces souffrances, rester stériles. Faisons jaillir de l’espérance, de la reconnaissance, au cœur même de l’incompréhension.

La vie est faite de phases. Il n’y a pas des souffrances qui soient justifiées et d’autres qui ne le sont pas. Mais demandons-nous toujours quels cadeaux peuvent nous accrocher à la vie quand c’est plus difficile. Et lorsque nous sommes dans une phase où tout va bien, approfondir notre reconnaissance aidera au deuil dans un moment plus douloureux.

Mais par dessus tout, le message de cet article est… n’attendons pas demain pour dire aux gens qu’on aime combien nous tenons à eux. Disons aux vies-miracles qui nous entourent combien nous nous sentons bénis de les connaitre. Et peut-être que réaliser que la simple présence des autres est un cadeau, nous fera réaliser que notre propre présence est un cadeau pour d’autres, et ainsi nous réjouir de notre propre vie…

Musique d'illustration : Mais la vie - Maurane et Lara Fabian

Crédit photo : Fre Sonneveld. Edited.

4 Comments

  1. Cht'ite Breizh

    30 août 2018 at 8:15

    Mon auteur préféré a écrit « Sais-tu que l’on se construit plus par les drames auxquels on survit que par les bonheurs que l’on vit ?  » je trouvais cette phrase tellement vraie… Jusqu’à la lecture de ton article! 😉

    1. Bienheureuse Vulnérabilité

      31 août 2018 at 4:48

      Je suis toujours ravie si les mots permettent de faire évoluer les pensées des autres vers plus de vie. 🙂 (Y a que les… 😉 ) Oui les « drames » nous rendent plus forts et nous façonnent, c’est clair. Encore faut-il déjà réussir à en tirer des leçons, ce que tout le monde n’arrive pas. Mais soyons vigilants à ne pas à idéaliser les épreuves, qui certes nous apprennent énormément, mais nous font oublier d’être reconnaissants pour tout ce que nous avons et tous ceux que nous connaissons et avec qui tout se passe bien. 🙂

  2. A-lo

    22 août 2018 at 7:00

    D’où l’intérêt de commencer sa prière par ‘Merci’ pour faire attention à tous les clin-Dieu de sa journée 😉

    1. Bienheureuse Vulnérabilité

      23 août 2018 at 8:38

      Je valide !
      Mais parfois il est bon de remercier pour les choses ou personnes qui dépassent la journée, et que trop souvent nous prenons pour acquises de par leur caractère moins éphèmere.

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